samedi 27 décembre 2008

Israël-Palestine, une nouvelle confrontation

Au moment où j’écris ces lignes, plus de 200 Palestiniens viennent de se faire tuer et trois cents autres sont blessés par des fusées lancées de F-16 et d’hélicoptères de l’aviation israélienne qui entrent par vagues successives sur la bande de Gaza et bombardent, sans crier gare, la population palestinienne. C’est suite à une décision du gouvernement d’Israël que ces attaques inopinées ont été déclenchées. Ce dernier se justifie en invoquant le lancement de quelques roquettes lancées par les Palestiniens.

En riposte, le Hamas, mouvement islamiste et politique palestinien, a entrepris de tirer des centaines de roquettes sur le territoire d’Israël. Ces nouveaux projectiles non guidés entrent en Israël plus profondément que ceux du passé et feront plus mal. Cette nouvelle confrontation met fin aux pourparlers entrepris par GWBush et d’autre pays, en vue d’un accord pour la reconnaissance de deux États : La Palestine et Israël. Au lieu de l’entente de paix promise par le président américain, ce sont des bombes qui tombent sur la tête des Israéliens et des Palestiniens.

Et ce n’est que le début si on se fie aux déclarations intempestives que l’on entend de part de d’autres de ce nouveau conflit. Le ministre israélien de la défense Ehud Barak dévoile que cette attaque aérienne a été préparée de longue date à cause de la possibilité d’attaques nouvelles par les Palestiniens suite à la levée de l’entente sur la suspension des hostilités, acceptée par les deux parties, pour arrêter l’embargo et faciliter les pourparlers de paix. De son côté, le chef du Hamas affirme que rien ne saura les arrêter cette fois. Quant au président palestinien, Mahmoud Abbas, il a démontré encore une fois sa naïveté, son manque de stratégie pour amener son peuple à une résolution de ce conflit qui persiste et son incapacité à réunir les deux entités palestiniennes qui s’opposent, l'une à Gaza, l'autre en Cisjordanie.

Bush et le PM israélien Olmert croyaient qu’en isolant le Hamas et en offrant à Abbas des avantages généreux, leurs gestes augmenteraient la crédibilité de ce dernier auprès de son peuple et lui permettraient de prendre le dessus sur le Hamas. Il n’en fut rien.

Quant à l’accord d’Israël sur la proposition de « deux États », on peut se demander si Olmert était sincère et n’a pas simplement profité de cette idée pour faire croître l’occupation du territoire palestinien par son pays. L’émissaire de paix, Tony Blair, l’ex-PM anglais n’a pu avec le quartet (la Russie, les Nations Unies, l’Union Européenne et les USA) remettre le processus de paix sur les rails. Il me semble que toute cette démarche n’a été qu’un faux-fuyant pour aider Israël à démontrer qu’il n’a pas un partenaire valable chez les Palestiniens pour atteindre une paix réelle dans la région.

Que faire ? Ce ne sont pas, malheureusement, les résolutions adoptées dans le passé par les Nations-Unies qui ont aidé au règlement de ce conflit malgré qu’il n’y ait pas une autre entité politique internationale capable d’établir les conditions nécessaires à une paix durable, à moins que les USA décident enfin d’agir impartialement et de respecter les droits des deux parties. Je me suis toujours opposé à l’approche unilatéraliste des USA au Proche-Orient et dénoncé les discours du PM Canadien Stephen Harper qui copiait littéralement cette politique américaine. C’est la raison principale de l’échec des négociations.

Le nouveau président américain Barack Obama peut être la solution. Il est le seul qui peut prendre une position assez vigoureuse pour persuader Israël. Cependant, ce ne sera pas facile pour lui d’autant plus qu’il a choisi Hillary Clinton comme secrétaire d’état, la même qui, comme sénatrice américaine, a toujours obtenu l’appui massif des juifs de New York pour ses élections. Une autre embûche est le parti Démocrate d’Obama qui est supporté, depuis toujours, par une grande majorité du vote juif aux USA. Alors comment Obama pourra-t-il prendre une initiative de paix et imposer une solution dans une telle situation ? Pourtant, il n’y a que lui qui pourrait obtenir le résultat tant attendu car les pays émergeants et l’Union Européenne ont démontré leur impuissance. Aucun d’entre eux n’aide et ne protège Israël comme les USA et par conséquent aucun n’a son influence dans ce coin du monde.

La sécurité du peuple Israélien exige un pays palestinien voisin stable et viable. Celle du peuple Palestinien exige, quant à elle, un voisin pouvant lui assurer de vivre en liberté et en paix. C’est possible. Alors, Barack Obama, à l’œuvre…

Claude Dupras

vendredi 19 décembre 2008

Les réfugiés, la guerre, la crise

Trois sujets traités aujourd’hui dans les médias ont attiré particulièrement mon attention : les réfugiés haïtiens, les 103 soldats canadiens morts en Afghanistan et la crise politique canadienne.

Les réfugiés haïtiens. Le gouvernement fédéral veut lever le moratoire qui touche les réfugiés Haïtiens arrivés récemment au Canada, sans papier. Ce moratoire qui leur permet de défendre légalement leur cause pour demeurer dans notre pays s’applique aussi aux individus venus d’Irak, d’Afghanistan, du Zimbabwe, du Rwanda, du Congo, etc.

Ce serait un vrai scandale si une telle décision était prise contre ces êtres humains qui ont fui leur pays où ils vivaient dans un état de pauvreté indescriptible et dans des conditions sanitaires mortelles.

Notre gouvernement canadien soutient qu’Haïti a maintenant un gouvernement stable et démocratique et que c’est une raison valable pour lever le moratoire. Ceux qui défendent une telle idée n’ont sûrement pas visité Haïti. Ils auraient découvert un des pays les plus pauvres de la planète, sinon le plus pauvre. Ils auraient constaté le haut degré de corruption qui enivre les dirigeants politiques et la bourgeoisie haïtienne. Ils auraient réalisé le danger que constituent les tueurs de gangs organisés.

Où sont les Haïtiens du Canada pour défendre la cause de leurs compatriotes qui ont réussi à s’évader de l’enfer de leur pays ? Où est cette diaspora haïtienne qui a trouvé chez nous des emplois, des logements salubres, de bonnes écoles, un accueil chaleureux et même la citoyenneté canadienne. Je n’ai jamais compris pourquoi ils ne s’organisent pas pour aider massivement leur pays. Pourquoi, ne dénoncent-ils pas ce qui s’y passe ? Qu’ils se lèvent aujourd’hui, qu’ils manifestent, qu’ils révèlent fort et haut aux Canadiens et aux Québécois la situation réelle dans laquelle vivent les familles qu’ils ont laissées là-bas ! Qu’ils s’organisent et nous brassent afin que nous réagissions.

Il ne faut pas lever le moratoire envers ces Haïtiens qui arrivent chez nous comme réfugiés. Il nous faut les aider, les recevoir, les intégrer dans notre société. Ils n’ont pas d’autre place où aller. Quiconque d’entre nous pris dans leur situation ferait comme eux.

103 morts en Afghanistan. Oui, nous avons dépassé la centaine et c’est maintenant à un rythme de 25 à 30 par mois que nos soldats se font tuer au sud de ce pays. Quelle bêtise !

De jour en jour, de plus en plus d’observateurs internationaux neutres analysent l’ensemble de ce conflit et concluent que nous nous n’avons pas d’affaire là. Le Canada a suivi les USA pour s’engager avec l’OTAN dans ce conflit qui avait pour but de faire la guerre aux Talibans, les hôtes d’Al-Qaïda. Depuis, les Talibans ont été chassés et se cachent maintenant au Pakistan. Le PM Harper a prolongé deux fois le mandat de nos soldats et justifie leur présence actuelle avec le mot « reconstruction » alors que seulement 10% du budget alloué à cette guerre par notre pays va à l’aide humanitaire en Afghanistan. Il ment. Il jure maintenant qu’il rapatriera notre armée en 2011. L’enverra-t-elle alors au Pakistan ?

A-t-on oublié le rapport, sur l'avenir de l'engagement canadien en Afghanistan, du groupe d’experts présidé par l’ex-ministre libéral John Manley et remis en janvier 2008 au gouvernement Harper ? Celui-ci a découvert que nos soldats étaient mal équipés, en danger et a recommandé de leur fournir des véhicules de terrain capables de résister aux bombes artisanales placées le long des routes par l’ennemi. De plus, il a affirmé qu’il était urgent que des hélicoptères de guerre leur soient fournis immédiatement pour le mouvement des troupes car le transport sur le terrain était trop dangereux. Manley a ajouté que si ces conditions n’étaient pas remplies, le Canada devait se retirer. Le mandat de notre armée a alors été prolongé de deux ans avec la promesse du ministre de la défense Peter Mackay, que le Canada ferait ce qu’il faut.

Un an plus tard, pas d’hélicoptères et nos trois derniers soldats morts se sont fait tués dans leurs véhicules de transport terrestre par une bombe artisanale cachée sous la route.

Nos soldats ont été trompés et nous aussi. Il est temps que cette guerre inutile cesse et que rapatriions notre armée.

La crise politique canadienne. « Pour Stephen Harper, la crise politique qui sévit à Ottawa n'a rien à voir avec ses décisions ou les agissements de ses troupes, mais repose entièrement sur les épaules de l'opposition », voilà ce qu’écrit la presse aujourd’hui. Décidément, le PM Canadien a compris que « toute vérité n’est pas bonne à dire ».

Il y a moins de trois semaines, le PM Harper présentait au parlement un énoncé économique qui n’avait rien à voir avec la crise économique qui nous envahit. Il a voulu alors bousculer les partis d’opposition en les menaçant d’éliminer les subsides à leur parti prévus par la loi canadienne (sans ces subsides, ils ne peuvent survivre dans les circonstances actuelles). De plus, et c’est plus grave, il a menti sur la situation économique réelle du pays en affirmant que le budget de l’année serait excédentaire et que ceux des trois prochaines années seraient balancés. Il nous rassurait en affirmant que le Canada ne serait pas touché profondément par la crise économique puisque les mesures votées lors de la dernière session parlementaire canadienne suffiraient, en grande partie, à faire face à la monstrueuse vague économique qui venait vers nous. Hors, il nous affirme maintenant que l’an prochain le Canada aura un budget déficitaire de 30 milliards de $ et que ceux des trois prochaines années seront semblables.

Une majorité de députés de la Chambre des communes lui a montré qu’elle ne pouvait plus avoir confiance en lui car ses propositions partisanes et ses propos mensongers ont fait déborder le vase.

Harper affirme aujourd’hui que la crise politique est le fait de l’opposition. Mais, pour qui nous prend-il ?

Claude Dupras

mardi 16 décembre 2008

La popularité de Sarkozy

Alors que Nicolas Sarkozy a fait un boulot du tonnerre à la tête de l’union Européenne, il a continué, évidemment, à être le président de la France et a géré son pays avec la même vigueur et la même rigueur qu’il avait démontrées dès son élection de 2007.

Mais les Français ne sont pas heureux de tout cela. Des sondages d’hier montrent qu’ils approuvent son travail pour l’Europe à 56% alors que pour la France, ils ne sont d’accord qu’à moins de 45%.

Les Français ont apprécié sa diplomatie envers ses partenaires européens, son projet ambitieux pour l’Europe, sa réaction européenne face à la crise financière et ses positions pour convaincre ses collègues européens sur les questions de climat et d’environnement.

Par contre, ils craignent qu’un conflit social majeur n’éclate en France en 2009 et génère une paralysie du pays comme en 1995. Cela me surprend puisque toutes les manifestations dans les rue de France depuis l’accession au pouvoir de Sarkozy se sont révélées, contrairement au passé, inefficaces et n’ont pas changé le cours des choses.

De plus, le parti socialiste me semble en plein désarroi. Il vient de nommer avec difficulté Martine Aubry comme premier secrétaire du parti socialiste français, celle-là même qui a fait commettre au gouvernement Jospin sa plus grande erreur, celle des 35 heures. Certes Martine Aubry est intelligente, organisée et travaillante, mais comment les Français, qui commencent à peine à se libérer des chaînes de la « loi des 35 heures », pourront-ils avoir confiance en la nouvelle approche du parti socialiste, qui sera de toute évidence, avec elle, très à gauche et irréaliste.

Cette gauche française est particulièrement dure avec Sarkozy. Elle ne semble pas encore avoir digéré sa dernière défaite électorale à la présidence dans une élection qu’elle aurait dû normalement gagner. Elle ne ménage pas les supporteurs de Sarkozy en les traitant d’aveugles, d’ignorants et de faux amis et traite le président d’incapable, de méprisant… et j’en passe. Impuissante avec ses arguments dépassés, la gauche ne fait appel qu’à la « rue » pour arrêter le président et menace de tout arrêter. Elle, qui ne sait dire « non » lorsqu’elle gouverne, ne comprend pas qu’en période de crise, l’appui au président et au gouvernement soit essentiel. Elle ne comprend pas où se situent ses responsabilités politique et publique et ne fait que de la petite politique. « Manifestons, cassons tout, faisons des grèves, arrêtons le gouvernement, mettons les méchants dirigeants d’entreprises en difficultés, virons le président … » voilà ce qui me semble être le credo des gauchistes français dans cette période de crise économique. On ne peut être plus négatif alors que le contraire est requis car tous les partis de l’Assemblée Nationale devraient collaborer avec le gouvernement.

Heureusement, le président Sarkozy tient bon. Son comportement est impeccable. Il continue ses réformes pour son pays et veut à tout prix arrêter la gangrène qui le mine depuis longtemps. Il écoute, accepte les demandes de consultation, explique, cherche à convaincre et finalement décide. La liste des réformes à ce jour est impressionnante et le président n’arrête pas le tempo. Lorsque des difficultés s’élèvent, il ne se cache pas derrière son premier ministre comme Chirac et certains de ses prédécesseurs le faisaient. Il est au front et mène la charge. Un vrai président ! Que j’aimerais en avoir un semblable au Canada !

Dans la crise économique qui s’abat sur la France, comme ailleurs, il s’avère être un homme qui comprend bien la dimension du défi et qui ne craint pas d’agir rapidement pour soulager le peuple le plus possible. Il anticipe et semble avoir une vision réaliste de l’avenir.

Pourquoi une majorité de Français demeure-t-elle opposée à Sarkozy ? Ce n’est sûrement pas uniquement attribuable au dénigrement constant de la gauche. Il y a sans doute une autre raison. Je la vois dans l’affirmation de plusieurs Français à l’effet que la « France est ingouvernable ». Ils semblent dire qu’ils sont toujours de grands insatisfaits du gouvernement du jour. Ce n’est donc pas à cause de la qualité du président actuel mais parce que c’est comme çà en France. C’est difficile à comprendre.

Claude Dupras

samedi 13 décembre 2008

Un six mois hyperactif

Le mandat de six mois du président français Nicolas Sarkozy à la présidence de l’Union européenne se termine avec succès. Il vient de réussir à persuader les 27 pays-membre à se mettre d’accord sur trois dossiers importants : la crise économique, un nouveau référendum chez les Irlandais et le réchauffement climatique.

Le président Sarkozy est arrivé à la présidence européenne dans un contexte international difficile. Il espérait, selon son habitude, secouer la résistance passive des institutions européennes mais le « non « des Irlandais l’accueillit et faisait craindre le pire. Puis vint l’envahissement de la Géorgie par la Russie juste avant que ne pointe à l’horizon le tsunami économique qui s’abat aujourd’hui sur nous tous. Sans oublier la mésentente grandissante entre les pays européens dans leurs efforts pour contrer le réchauffement climatique. Sarkozy arrivait donc à un très mauvais moment.

Ces situations problématiques majeures l’ont fouetté. Il se rendit à Moscou rencontrer le président russe Dmitri Medvedev et le PM Poutine et leur arracha un cessez-le-feu qu’il fit accepter par le président Géorgien Mikhail Saakachvili en persuadant les USA de peser sur ce dernier.

Quelque temps après, l’Europe ressentit la crise économique. Sarkozy mit alors tout en branle en comptant sur l’intelligence du PM britannique Gordon Brown pour imposer au président GW Bush l’organisation d’un sommet mondial sur la crise. Il fit de même pour l’Europe et accorda un soutien financier aux banques malgré la réticence de la chancelière allemande Angela Merkel. L’Europe politique, dont plusieurs Européens déploraient la presque non-existence, surgit finalement et intervint avant les Américains pour une deuxième fois de suite. Du jamais vu !

De plus, Sarkozy lança l’Union pour la Méditerranée réunissant tous les pays riverains (44) à cette mer pour activer des projets comme la dépollution de la Méditerranée, l’autoroute de la mer et l’énergie solaire. Il fit adopter un pacte sur l’immigration afin que l’Europe contrôle mieux ses frontières extérieures, harmonise l’asile des immigrants, etc.. Il fit accepter des mesures de soutien de prix et de subventions pour permettre la modernisation, la simplification et la rationalisation de l’agriculture en Europe.

Son passage au sommet de la francophonie à Québec fut de courte durée mais ses interventions à l’Assemblée Nationale québécoise nous firent comprendre son amour pour notre nation et son grand respect pour le Canada. Il s’engagea avec notre gouvernement à faciliter le travail des Français au Québec et celui des Québécois en France. Cette entente positive unique bénéficiera grandement aux deux parties dans l’avenir.

À la réunion du Conseil européen de jeudi et vendredi dernier, il mit la cerise sur le gâteau en faisant ressortir et adopter tous les compromis nécessaires à de bonnes ententes pour asseoir l’Europe sur de solides bases.

Tenant compte des inquiétudes de l’Allemagne, de l’Italie et de la Pologne en rapport avec les contraintes du plan climatique sur leur industriels et de la nécessité d’aider les nouveaux pays de l’Europe de l’Est qui sont les plus pauvres de l’UE, tous les membres du CE acceptèrent de répartir les efforts et d’imposer des règles pour atteindre des objectifs pour 2020 touchant la réduction des gaz à effets de serre, l’augmentation des énergies renouvelables et les économies d’énergie. Sarkozy qualifie ces conditions de très « contraignantes » et souligne qu’aucun continent du monde n’en a encore acceptées de pareilles.

Pour faire face à la crise économique, les chefs de pays se sont entendus pour travailler ensemble, au lieu de par pays comme le voulait l’Allemagne. Ils vont y consacrer plus de 200 milliards d’euros soit 1,5% du PIB de l’Union Européenne. Sarkozy a rallié tous les membres sur la nécessité d’agir et de s’entendre pour coordonner la relance de l’économie.

En rapport avec le traité de Lisbonne sur la constitution européenne, rejeté par l’Irlande, qui ne pouvait prendre force de loi puisque tous les pays sans exception doivent l’accepter, Sarkozy a réussi à convaincre Dublin d’organiser un nouveau référendum sur la base de nouvelles propositions pouvant répondre aux inquiétudes exprimées par les Irlandais lors du dernier référendum, soient : le respect de sa législation sur l’avortement, le maintien de son autonomie fiscale, l’assurance que sa neutralité militaire sera maintenue et que son commissaire européen à Bruxelles demeurera en fonction.

Pour atteindre ses fins, Sarkozy n’a pas hésité à agacer (certains disent même irriter) la chancelière allemande, ni critiquer le commissaire européen José Manuel Durao Barroso pour son manque de leadership. Sa grande erreur fut avec les dirigeants chinois qui annulèrent le sommet Chine/Union Européenne suite aux relations de Sarkozy avec le Dalaï Lama, leader religieux des Tibétains.

Malgré ces quelques accrochages, ce six mois de Sarkozy à la tête de l’Europe deviendra pour elle inoubliable et un jalon de son histoire. Selon le blogueur renommé Jean Quatremer, on parlera dans le futur de l’Europe « d’avant et d’après Sarkozy ». Avec lui, le Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement a pris l’initiative au détriment de la Commission européenne.

Il est à espérer que les dirigeants qui suivront Sarkozy seront animés de la même détermination pour assurer que l’Europe soit de plus en plus unie et puisse prendre toute sa place sur l’échiquier mondial en devenant la super puissance qu’elle doit être.

Claude Dupras