mardi 31 mars 2009

Adieu, veaux, vaches, cochons… patrimoine

La récente séance de consultation de l’Office de consultation publique de Montréal, a démontré qu’il y a peu de Montréalais et Montréalaises qui montent sur les barricades pour la défense du patrimoine canadien-français. Peu de politiciens, peu d’hommes ou femmes d’affaires, peu de monsieur et madame tout-le-monde. C’est triste de constater ce manque d’intérêt pour les reliquats de l’histoire de Montréal et du Québec.

Si la France avait réagi ainsi, elle ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est, un des plus beaux et intéressants pays du monde. Là-bas, les bâtiments religieux anciens appartiennent à l’État et il en prend soin. Chez nous, c’est la piastre qui parle et lorsque ça coûte trop cher on vend et ce sont les promoteurs qui en prennent soin, à leur façon.

La direction de l’Université de Montréal, qui a accepté l’offre du promoteur pour ce bâtiment, a répondu à ceux qui s’opposaient au changement de vocation du bâtiment, d’éducationnel à condominium à logements, que la structure de cet immense édifice est trop faible pour supporter des classes d’élèves et des bibliothèques. Évidemment, elle n’a pas soumis de rapport d’ingénieurs à cet effet. Cette affirmation me surprend puisqu’il y a eu de nombreuses classes dans cette maison-mère durant toute sa vie. J’ai été moi-même élève dans une de ces classes durant deux ans.

Par ailleurs, dans un futur pas trop lointain, l’U de M planifie de déménager la faculté de musique au site de l’ex cour de triage où l’université construira de nouveaux bâtiments pour répondre à ses besoins grandissants. Elle quittera donc le magnifique édifice de l’école de musique de Vincent d’Indy, situé entre le Mont-Jésus-Marie et le bâtiment principal de l’U de M. Qu’en arrivera-t-il ? De nouveaux condos ? Cela semble la seule solution pour la direction de l’U de M qui montre un manque d’imagination surprenant.

Si comme peuple nous ne pouvons nous réveiller et reconnaître l’importance de protéger notre patrimoine pour les générations de demain, Montréal deviendra une ville sans âme et sans histoire palpable. Chacun peut faire sa part, à mon avis devrait faire sa part, et comprendre qu’ensemble nous sauverons le passé de notre peuple pour celui du futur.

« Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient ».

Claude Dupras

vendredi 27 mars 2009

Vers un référendum-bidon

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) vient de tenir ses trois derniers jours de consultation sur la transformation du Mont-Jésus-Marie en condominiums. 95% des nombreux mémoires soumis oralement et déposés ont dit NON au projet du promoteur. Malheureusement, dans les OUI, on retrouve le mémoire du comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement d’Outremont (qui était fort divisé sur la question) et celui de la ville de Montréal qui a dit un "OUI-mais". Ce qui me fait dire que malgré la décision de l’OCPM, pour ou contre le projet, c’est la ville de Montréal qui décidera finalement puisqu’elle n’avait pas à se soumettre à cette procédure de consultation à cause de l’article 89 qui créa l’OCPM et qui se lit : « Le conseil de la ville peut, par règlement, permettre, malgré tout règlement adopté par le conseil d’arrondissement, la réalisation d’un projet relatif à un bien culturel… » Le Mont-Jésus-Marie tombe dans cette catégorie.

Logiquement, le conseil municipal de Montréal sera appelé à donner son accord à cette proposition conformément aux recommandations du mémoire présenté par la ville. Pour s’en laver les mains, il votera pour le projet à la condition qu’il soit accepté par un référendum où seront appelés à voter les électeurs des dix zones adjacentes au projet. En principe, cela semble bien, mais en réalité ce n’est que de la foutaise.

C’est de la foutaise parce que la ville de Montréal a déjà décidé des sujets qui seront soumis à l’approbation référendaire. Ils sont énumérés dans son mémoire. Elle ne veut pas d’une question simple comme « Êtes-vous pour ou contre la transformation du Mont-Jésus-Marie en condominiums ? ». Non, elle limite les questions aux électeurs à ce qui suit :
.1 L’usage communautaire de la chapelle et l’occupation accessoire à des fins d’enseignement et de recherche.
.2 Les dépassements mineurs de la hauteur et les agrandissements du bâtiment.
.3 Les stationnements souterrains et extérieurs dans les cours.
.4 Les usages permis dans les marges.
.5 Certains éléments de l’aménagement paysager.


En somme, relativement, des bagatelles !

En demandant aux électeurs s’ils veulent OUI ou NON un référendum sur ces questions, je doute qu’ils se déplaceront pour inscrire « Oui » au registre de la demande du référendum. Même si les questions de la ville ont une certaine importance, le fait qu’elles sont si éloignées du vœu de la majorité des gens des zones entourant le Mont-Jésus-Marie, fera en sorte que ces électeurs se révolteront contre la magouille de l’administration de la ville de Montréal et n’iront pas s’inscrire.

J’espère que le maire de Montréal et son administration se rappelleront qu’ils doivent faire face à l’électorat, dans huit mois, pour demander un nouveau mandat. Je sais que la mairesse d’Outremont et ses coéquipiers, membres du parti politique du maire de Montréal, sont inquiets. Celle-ci a négligé de persuader son comité consultatif qui s’est prononcé pour le projet du promoteur, mais après ce qui s’est dit lors des six jours de consultation durant lesquels un très grand nombre d’ « Outremontais » se sont opposés avec force et intelligence au projet, elle craint maintenant la réaction électorale de ses commettants qui font partie de l’intelligentsia québécoise et qui sont sensibles à ces questions importantes. Avec raison.

Toute cette procédure est révoltante. La politique des référendums a été acceptée pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur des sujets importants qui touchent leur milieu. Les hommes d’affaires s’opposent aux référendums car ils affirment qu’ils nuisent au développement de Montréal. Aujourd’hui, j’apprends que le gouvernement du Québec s’apprête à plier devant le milieu des gens d’affaires et la Chambre de Commerce et envisage, par un prochain projet de loi, d’éliminer la loi sur les référendums à Montréal. S’il fait cela, il fera une erreur grave.

Les citoyens de Montréal ne sont pas opposés au développement de leur ville mais ils sont contre le promoteur qui vient tout bouleverser sans tenir compte de l’environnement et de la situation de leur société. Ils se sont prononcés, dans le passé, sur la question de la relocalisation du Casino près du centre de Montréal et ont réussi à arrêter heureusement ce projet infâme. Ils réussiront aussi à arrêter le grand projet de Griffintown, un vaste centre commercial, qu’un promoteur veut implanter dans ce quartier de Montréal alors qu’il devrait être dédié à l’habitation, selon les urbanistes et le bon sens. Encore là, je prédis que les citoyens gagneront contre les spéculateurs qui ne veulent utiliser Montréal que pour « faire une piastre vite ».

Quant au Mont-Jésus-Marie, Montréal doit changer son approche et poser la seule et vraie question. Je la répète : « Êtes-vous pour ou contre la transformation du Mont-Jésus-Marie en condominiums ? ».

On veut un vrai référendum pour conserver ce patrimoine qui touche particulièrement les femmes éducatrices du Québec par sa vocation passée et qui est un objet d’art global par son architecture, par les œuvres des grands artisans du passé qu’il contient et sa situation urbaine. Pas un référendum-bidon qui semble organisé avec, par et pour le promoteur.

Claude Dupras

dimanche 22 mars 2009

Le Canada, le pays le plus anti-palestinien.

Le gouvernement canadien vient de refuser le droit d’entrée au Canada à un député du parlement britannique pour la raison qu’il aide le Hamas et que ce dernier est classé aux USA et ici comme un groupe terroriste.

Personnellement, j’ai toujours pensé que le Hamas est un mouvement de résistance devant l’invasion israélienne et qu’il est composé de plusieurs groupes dont un groupe qui utilise des méthodes terroristes. Ce n’est pas un mouvement de terroristes comme on l’entend lorsqu’on parle d’Al Quaïda.

Dans son article d’aujourd’hui, le journaliste Patrick Lagacé, de La Presse de Montréal, partage mon opinion en écrivant : « Pour le Canada, le Hamas est un groupe terroriste (la réalité est plus complexe, le Hamas a une détestable branche armée qui commet des actes terroristes, mais c’est aussi un parti politique dûment élu et un groupe social qui offre des services appréciés aux Palestiniens ; … ; le Hamas est donc l’objet de sanctions de la part de pays comme le Canada et les USA, mais l’Australie et la Grande-Bretagne ne considèrent que les Brigades al-Qassam du Hamas comme un groupe terroriste ; … j’espère que cette nuance ne me vaudra pas la révocation de ma citoyenneté canadienne…) ».

Le Canada empêche le député George Galloway de venir à Toronto pour parler le 30 mars prochain sur « La résistance de Gaza à Kandahar » devant « la coalition canadienne pour arrêter la guerre ». Le porte-parole du ministre canadien Kenney prétend que ce sont pour des raisons de sécurité nationale que cette décision a été prise.

Pourtant, Galloway a rencontré, il y a moins de trois ans, les membres du congrès américain pour exprimer son opinion et cela à leur demande. C’était dans le temps de Bush qui avait fait qualifier le Hamas de mouvement terroriste.

De plus, on se rappellera que lors de la dernière guerre mondiale le parti communiste, contrairement à ce qui se passait aux USA, n’avait pas été disqualifié comme parti politique canadien et avait même fait élire un député au centre de Montréal dans la personne de Fred Rose.

J’ai vu et entendu à la télé, dans le passé, le député Galloway. Ce n’est pas un individu facile même s’il est intelligent. Son style combatif n’en fait pas un bon vendeur même s’il dit tout haut certaines vérités. Il est brusque et ne se montre pas très agréable. Personnage coloré et amusant, son discours ajoute peu au débat. Le résultat de ses prestations-médias est souventes fois un « flop ». Un type comme Galloway représente une opinion minoritaire et cela devient évident lorsqu’il parle.

Nous sommes un pays démocratique, libre et pour plusieurs autres pays, un modèle. La censure du gouvernement canadien est une parodie qui fait mal à la réputation de pays ouvert et tolérant que le Canada a dans le monde. Cela laisse penser que nous avons peur de ce que Galloway a à dire.

Refuser à quiconque de venir parler pour donner ses opinions au Canada est une erreur. Prétexter que c’est pour une raison de sécurité nationale, c’est ce « fouter » de nous ! Tout ça, sent le fascisme.

Avec le parti conservateur, voilà que le Canada devient le pays le plus anti-palestinien de tous les pays occidentaux.

Claude Dupras

Ps. Patrick Lagacé a reçu plusieurs commentaires qui paraissent dans le journal. Parmi ceux-là, j’en ai compté 71% qui s’opposent à cette interdiction. Je ne suis pas surpris.

vendredi 20 mars 2009

Le parti conservateur et le Québec

Rien ne va plus au Québec pour le parti conservateur du Canada sous la direction du PM Stephen Harper. Les derniers sondages indiquent que la cote de popularité du parti est descendue à 10% et que s’il y avait élection aujourd’hui, il perdrait plusieurs des 10 sièges qu’il détient dans la belle province.

Rien n’a jamais été facile au Québec pour le parti conservateur. Les canadiens-français n’ont jamais oublié la pendaison de Louis Riel par les Conservateurs de John A. Macdonald et la conscription obligatoire imposée par les Conservateurs lors de la première guerre mondiale. Cela fit en sorte que le parti ne gagna que deux fois au Québec. En 1958, le chef du Parti Progressiste-Conservateur du Canada (PPC) John Diefenbaker, issu de l’ouest Canadien, y fit élire 50 députés. En 1983 et après, le Québécois Brian Mulroney obtint deux mandats majoritaires à la Chambre des Communes.

Diefenbaker fut la plus grande surprise, car non seulement il ne parlait pas le français, on le qualifiait en plus, mais à tort, d’anti-canadien-français. Il prit le pouvoir en 1957, sans le Québec. C’est là que les Québécois se rendirent compte que ce qu’on rapportait sur ce personnage n’était pas exact. De plus, le PM Québécois Maurice Duplessis, ancien conservateur, décida à l’élection de 1958 de mettre toute la force de sa machine électorale au service de Diefenbaker pour défaire les libéraux qui lui faisaient la vie dure. Ce fut la différence qui assura la très grande victoire-surprise.

Après Diefenbaker, le parti fit de grands efforts pour se donner des politiques réalistes allant même, avec Robert Stanfield, à reconnaître officiellement que le Canada comprenait deux nations, au grand dam des canadiens-anglais, et que la constitution canadienne devrait être modifiée en conséquence. De grands leaders politiques comme Marcel Faribault et Claude Wagner ne réussirent pas à changer la donne. Et depuis Mulroney, c’est la débandade, sauf pour la période, il y a trois ans, qui suivit l’important scandale qui affecta le parti libéral du Canada en rapport avec le programme des commandites, et permit au parti conservateur d’Harper de faire élire 11 députés québécois. À l’élection suivante, il y a moins d’un an, le parti perdit des votes et un député. Et depuis, la descente aux enfers continue.

Le chef et les dirigeants du parti ne savent plus quoi faire. Le parti n’a pas de structure démocratique au Québec. Pourtant, il y en a eu une dans le passé. Le parti venait de subir une cuisante défaite à l’élection de 1973. À ce moment-là existait une structure provinciale pour le parti qui datait du temps de Diefenbaker et à la tête de laquelle se succédèrent, entre autres, comme président, le politicien Rodrigue Bourdages, l’architecte Paul Trépanier et l’homme d’affaires Léopold Carrière, l’avocat Claude Nolin. Ils faisaient de leur mieux mais ils avaient peu d’influence au niveau fédéral.

J’entrepris de réunir les états généraux (limités) au Québec afin de mettre sur pied un parti vraiment démocratique. Une constitution fut écrite et adoptée. Le nom devint l’Association Progressiste-Conservatrice Fédérale du Québec (APCFQ). La structure était décentralisée dans les régions tout comme celle de la plupart des organismes du Québec, tels : le Jeune Commerce et la société Saint-Jean-Baptiste. Un congrès de fondation fut convoqué à l’hôtel Le Reine Élizabeth de Montréal auquel assistèrent plus de 500 personnes. J’y fus élu le premier président. Le conseil provincial était composé de l’exécutif formé de 5 personnes : Jean-Marc Lavoie de Chicoutimi, Jacques Blanchard de Québec, Ken Morris de Montréal, Roland Julien de Trois-Rivières et le docteur Gaétan Lemyre de Sainte-Anne des Monts, des présidents des conseils régionaux et des présidents d’action-jeunesse et d’action féminine. Tous élus par les membres du parti.

Nous voulions être indépendants du parti national tout en lui assurant notre entière collaboration et loyauté. Pour nous financer, nous entreprîmes de tenir annuellement un grand diner-bénéfice. Chacun fut fort bien réussi et l’argent, au lieu de se retrouver dans les coffres à Ottawa, restait dans le compte de banque du l’APCFQ pour financer, entre autres, le nouveau secrétariat permanent de l’Association dirigé par Yvon Sirois, ex-employé de la Chambre de Commerce provincial, comme secrétaire général. Le conseil se réunissait à tous les mois et les membres étaient invités à assister. La commission politique était active et composée d’individus versés et expérimentés en politique. Nous étions de plus en plus nombreux à participer aux activités du parti national où notre présence commençait à se faire sentir.

Ma présidence dura plus de quatre ans, ayant été réélu à chaque congrès annuel tenu à Trois-Rivières, Québec et Granby où l’assistance augmentait d’année en année pour atteindre près de 1 200 personnes à Granby, et cela malgré que nous étions dans l’opposition. Tout ça pour dire que la structure était vivante, démocratique et progressait mais il restait encore beaucoup à faire. Roch Lasalle prit la succession.

Puis vint la victoire de Mulroney, et tous nos efforts de démocratisation furent emportés par la prise du pouvoir d’un Québécois avec l’argument de son entourage "à quoi ça sert L’APCFQ puisqu’avec Mulroney on est bien représenté à Ottawa". Mulroney dura dix ans puis il partit. Le PPC retourna dans l’opposition et son aile québécoise se retrouva sans organisation. Finalement, le parti disparut lorsqu’il se fusionna avec les réformistes de l’Alliance Canadienne pour former le nouveau Parti Conservateur du Canada (PC). Au Québec, seuls quelques sénateurs et une poignée d’organisateurs assurèrent l’intérim jusqu’à Harper.

Il est clair que le premier ministre craint une organisation québécoise avec une certaine indépendance d’esprit et d’action. La sénatrice et présidente du sénat, Marjorie le Breton, vient de le confirmer à nouveau en affirmant « oui à une structure québécoise mais qui dépend du parti national ». Je connais bien Marjorie puisqu’elle était secrétaire du parti du temps de Stanfield. C’est une personne exceptionnelle et qui fait un très bon travail dans l’équipe du PM Harper et pour le Canada. Elle a connu l’APCFQ et sait jusqu'à quel point tout progressait. Mais son chef, Stephen Harper, ne veut rien savoir car il veut éviter les dérapages. Il a perdu l’avocat Michael Fortier qui était compétent et un de ses supporteurs dévoués. Il a aussi perdu confiance en son député beauceron Maxime Bernier qui lui n’hésitait pas à lui faire part de sa pensée même si elle ne plaisait pas toujours au premier ministre.

Aujourd’hui, le lieutenant québécois du PC, Christian Paradis, veut réinventer la roue. Pour réussir, les Québécois du parti devront ressentir un besoin de participation et avoir un mot à dire. Non pas pour obtenir des faveurs du pouvoir mais pour contribuer à l’évolution de la politique canadienne avec, entre autres, ses sensibilités face au Québec. Les authentiques membres du parti seront ces derniers et non pas les néoconservateurs qui le hantent aujourd’hui et qui le quitteront vite dès qu’il perdra le pouvoir.

Malheureusement, ce défi est impossible à réaliser sérieusement à court terme et Paradis présentera une structure organisationnelle qui ne sera, en fait, qu’une fumisterie en vue de la prochaine élection et non un instrument démocratique permettant aux membres de participer activement à l'évolution du parti. Cette structure ne mènera nulle part dans l'avenir. Un vrai parti au Québec a besoin de racines et celles-ci exigent beaucoup d’années pour se développer. Il faut aussi une volonté politique au plus haut niveau du PC pour un tel effort. Est-elle là ? Il est clair que non.

Pour garder le pouvoir et obtenir une majorité, le PM Stephen Harper devra donc, à court terme, changer son approche politique. Depuis qu’il a pris le pouvoir, ses positions ont trop souvent confronté la pensée québécoise : environnement, guerre, culture, représentation parlementaire, armes, etc.. De plus, sa tendance quasi extrême-droite a brusqué les Québécois. Il est temps qu’Harper fasse les compromis raisonnables pour démontrer, sans aucun doute, qu’il veut diriger un gouvernement pour tous les Canadiens.

S’il est incapable de gagner de 20 à 25 sièges à la prochaine élection fédérale au Québec, le parti Conservateur du Canada ne sera pas majoritaire à la Chambre des Communes. Et s’il se retrouve encore une fois minoritaire, je crains que ce soit le chant du cygne du premier ministre.

dimanche 15 mars 2009

On se fait voler tout rond !

Le prix de l’essence flambe à Montréal.

Le consommateur ne comprend pas que les brusques hausses inexpliquées de janvier dernier du prix à la pompe de 74 ¢ à 91 ¢ le litre, persistent et augmentent encore.

Le 15 mars 2009, le prix à la pompe, dans la région de Montréal, se situait dans la fourchette de 93,9 ¢ à 105,4 ¢ le litre, selon les relevés d’« Essence Montréal ». Il faut noter que le prix chez Costco, à Montréal, était de 82.9 ¢. À l’extérieur, dans la couronne de Montréal, il se situait 77,9 ¢ à 82,9 ¢ le litre (il n’y a pas de taxe spéciale pour le transport dans la couronne).

Les augmentations continuent malgré que le prix du brut léger ait diminué de 43,55 $US à 42,86 $US le baril, de janvier au 15 mars 2009. Alors que le prix du baril (159 litres) a diminué de 0,68 $US, le prix à la pompe a augmenté d’un minimum de 2,9 ¢ à un maximum de 14,4 ¢ le litre.

Le dollar canadien demeure un gros facteur dans le calcul du brut. En janvier 2009, il était à 80 ¢ par rapport au dollar US. Aujourd’hui, sa valeur est de 77,4 ¢, Cela augmente d’autant le prix du brut léger.

Voici un calcul détaillé du prix à la pompe en date des données du 15 mars 2009 :

Coût du baril de brut $ US: 42,86
Valeur du $ CDN/$ US: 1,291

Coût du litre de brut ¢ CDN: 34.80 ¢
Marge de raffinage: 11,00 ¢
Prix à la rampe: 46,40 ¢

Coût de transport: 0,30 ¢
Marge de vente au détail: 5,70 ¢
Prix avant taxes: 52,40 ¢

Taxe d’accise fédérale: 10,00 ¢
Taxe spécifique du Québec: 15,00 ¢
Taxe de l’AMT (transport): 1,50 ¢
TPS: 3,92 ¢
TVQ: 6,17 ¢
Taxes; 36,58 ¢

Prix à la pompe (Montréal): 88,38 ¢
Prix à la pompe (couronne): 86,69 ¢


Les prix actuels d’essence dans la région de Montréal sont trop chers de 5,52 ¢ à 17,02 ¢ le litre. Montréalais, votre prix devrait être 88,38 ¢$ le litre, qu’est-il près de chez vous ? Pourquoi les prix dans la couronne de Montréal sont-ils plus près de la réalité ? Pourquoi, ailleurs dans le Canada, ces augmentations excessives n’existent pas ? Les Montréalais sont-ils en train de se faire voler tout rond ? Et les Québécois des autres régions de la province, où les hausses existent aussi et sont inexplicables, le sont-ils ?

On peut conclure que les distributeurs d’essences, pétrolières et autres, sont trop gourmands et recherchent des profits injustes. Ils ont, d’un coup, doublé et dans certains cas triplé leur marge de vente au détail par rapport à la fin de 2008. L’augmentation ne peut être expliquée autrement, puisque le prix du brut se maintient bas, que le coût du raffinage est stable et qu’il n’y a pas de conflits géopolitiques majeurs dans le monde pour influencer nos prix. De plus, la demande ayant diminué, il est normal que les prix baissent. Costco n’en fait-elle pas la preuve ?

Où est le PM Charest ? Où est le maire de Montréal ? Où sont les maires de la région de Montréal ? Où sont nos députés provinciaux et fédéraux ? Où sont nos élus pour nous défendre et dénoncer ce vol manifeste. Nous faisons face à un crime économique et c’est aux gouvernements d’intervenir car le CAA, plusieurs journalistes, des experts et des mouvements sociaux l’ont dénoncé, sans succès.

Alors que l’économie va mal, que l’argent se fait rare, que les emplois se perdent, il est important de maintenir tous les coûts de consommation le plus bas possible pour assurer que les Québécois traversent la crise sans trop de blessures. La collusion des bandits du pétrole doit être arrêtée.

Claude Dupras