samedi 19 décembre 2009

Un écho de l’ouest

Bob Harvie est avocat et président de l’Association du parti conservateur du comté de Lethbridge en Alberta. Il écrit un blog quotidien qui fait partie de la liste de blogues que je lis régulièrement et que je recommande à mes lecteurs pour mieux connaître le pouls des Canadiens de l’Ouest du pays.

Récemment en rapport avec ce qui s’est déroulé à Copenhague, il a rédigé plusieurs blogues sur le sujet de cette conférence des Nations Unies et le rôle du Canada. J’ai pensé reproduire ici son blog du 16 décembre.

Écrit en Anglais, j’en ai fait la traduction française le plus près possible de la façon d’écrire de Bob Harvie et j’ai conservé sa présentation.

Claude Dupras

Fierté grandissante avec la position du Canada à Copenhague

Souveraineté.

Cela veut dire quelque chose.

Cela veut dire que nous avons tous les droits de contrôler ce qui arrive à nos frontières. Pas l’ONU, pas un « petit » dictateur comme Hugo Chavez du Venézuela. Le Canada contrôle le Canada.

Et notre gouvernement a l’obligation de protéger notre souveraineté et de protéger TOUS nos citoyens, incluant, n’en déplaise à David Suzuki, ceux qui sont engagés dans l’industrie minière, l’industrie forestière et l’industrie pétrolifère.

Et ce que ne discutent jamais ceux qui se qualifient de “verts” est le coût, le coût réel de faire de vrais efforts pour changer l’environnement. Ils font du bruit pour clamer que « l’industrie verte » est la nouvelle économie. Vraiment ?

Quelles sont les possibilités, avec les frais de transport qui doivent grimper radicalement pour tout ce qui consomme du carbone, incluant les trains, les avions et les automobiles, d’assurer des emplois manufacturiers profitables à Edmonton, Calgary, Saskatoon ou Winnipeg.

Zéro.

L’”économie verte” sera un “boom” pour les territoires qui ont déjà accès aux grands marchés.

On s’entend pour dire Toronto et le sud de l’Ontario.

Il y a des choses qui ne changent jamais.

Notre gouvernement actuel, heureusement, est un peu plus sophistiqué que David Suzuki et Al Gore. Et, Dieu merci, Barack Obama l’est aussi. Ils comprennent qu’en érodant leur propre souveraineté, en s’engageant dans des traités internationaux, qui, en réalité ne sont que des trucs à sens unique par lesquels un petit nombre de pays vont hypothéquer leur futur au profit de pays qui n’ont pas, de toute évidence, l’habilité de diriger correctement leur propre peuple et qui refusent (la Chine et l’Inde) de s’engager dans des objectifs obligatoires ou dans des procédés de vérification de ces objectifs.

Et les verts et les Libéraux (pour l’instant, parce qu’ils n’agissent pas de façon responsable, il faut se rappeler qu’ils n’ont rien fait à propos de Kyoto) malgré tout ne cessent de critiquer parce que le Canada ne gagne pas de concours de popularité à Copenhague,

La responsabilité de prendre soin de tout le pays est trop importante pour la passer à des fakirs comme Al Gore et ses clones. Les enjeux sont trop élevés… il y a trop de monde sans emploi et notre économie est trop fragile pour prendre des engagements à sens unique.

Pensez-vous vraiment que nous devrions envoyer des milliards de dollars de notre pays à l’Inde afin qu’il puisse construire une usine thermique au charbon qui deviendra une des plus polluantes de carbone au monde ? Cela fait partie actuellement des transferts prévus par Kyoto car l’Inde continue la construction de telles usines avec de l’ARGENT DE KYOTO.

La 16ième plus grande source émettrice de carbone au monde sera construite en Inde avec de l’argent de Kyoto. Cette partie du protocole de Kyoto est maintenant identifiée, par certains, comme « la tricherie du carbone vert ».

Je n’ai pas de problème à ce que notre gouvernement recherche des solutions médianes pour réduire la pollution mais l’idée de céder notre souveraineté et notre bien-être économique aux penseurs de l’ONU est simplement ridicule.

Donc pour avoir “embarrasser” le Canada devant les "biens-intentionnés aux petits esprits" à Copenhague, je dis, bien fait Stephen Harper, et bien fait, Jim Prentice.

Il est bon de savoir que quelqu’un se tient debout pour le Canada.

Bob Harvie

jeudi 17 décembre 2009

Le salut de la terre ou l’égoïsme

« Pas dans ma cour ! ». Combien de fois avons-nous été témoins de manifestations publiques motivées par ce raisonnement ? On veut bien les changements, mais ailleurs que chez soi. Je croyais que c’était un sentiment individuel, mais voilà qu’il se dégage sur le plan international dans les conversations et les prises de positions exprimées à Copenhague.

La terre se réchauffe, les glaces fondent, le niveau de la mer s’élève avec toutes les graves conséquences qui en découlent et qui s’annoncent catastrophiques pour l’avenir. Les scientifiques ne cessent de nous informer et de nous mettre en garde. Les environnementalistes expliquent, crient, bousculent. Chacun des 9 milliards d’individus de la planète sera touché. Tous les pays seront affectés. Mais l’incompréhension, l’hésitation et même la négation règnent.

Plusieurs pays, dont le Canada avec ses dirigeants actuels, ne veulent pas y croire et cherchent par tous les moyens à saboter le débat. L’accord de Kyoto a été dénoncé, qualifié de non-réaliste et non respecté. Les scientifiques sont traités de menteurs, de tricheurs et de faussaires. Certains politiciens, motivés par des intérêts personnels, dénient la possibilité du réchauffement climatique de la planète et répandent des rumeurs, des faussetés et lancent même des insultes à ceux qui préconisent des actions importantes immédiates. D’autres parlent d’autonomie politique nationale pour éviter de se plier à des exigences internationales car, disent-ils, ils ont des priorités économiques différentes. Les lobbyistes des pétrolières et leurs alliés s’affairent avec des millions de $ à influencer tout ce qui est influençable.

Un nombre record de chefs d’États sont à Copenhague mais les choses ne vont pas trop bien. Une synergie nouvelle doit se développer pour qu’ils tracent ensemble le plan qui s’impose pour faire face au réchauffement climatique mondial. C’est une responsabilité très importante qui leur incombe ainsi qu’à leur gouvernement et ils ne peuvent la rejeter.

L’égoïsme n’a pas sa place dans ce débat, autant sur le plan individuel que sur le plan des nations. Il faut ensemble faire face à ce « challenge ». Notre pays ne peut, au nom de l’argent généré par l’exploitation des sables bitumineux, rejeter des normes internationales contraignantes de réduction des gaz à effets de serre. Quant à nous, nous nous devons de réagir et comprendre notre responsabilité envers notre milieu, notre pays, notre planète et faire pression sur nos dirigeants. Le climat futur nous appelle tous à réagir aujourd’hui.

Le réchauffement climatique exige un sens civique élevé.

Claude Dupras

lundi 14 décembre 2009

Le Canada, la bête noire !

L’Alberta et la Saskatchewan qui exploitent les sables bitumineux de la région d’Athabasca n’en démordent pas. Ils vont continuer l’accélération de l’extraction du pétrole n’en déplaise au monde entier, et ceci avec la complicité du gouvernement du Canada. Cela devient clair et net dans les négociations qui se déroulent à Copenhague.

De plus, ces gouvernements ont l’effronterie de proposer que ce soient les consommateurs de leurs produits, dont les Américains et nous, qui paient proportionnellement leur part pour tous les investissements futurs requis pour contrer l’émission croissante des gaz à effets de serre (GES) qu’ils produiront en assurant l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux durant les prochaines décennies. Comme le Québec et l’Ontario représentent 60% de la population canadienne, ces provinces auront donc la grosse part de la charge financière canadienne à partager.

Le ridicule de cette proposition s’exprime bien dans les chiffres. Le Québec s’engage à réduire de 20% ses émissions par rapport à 1990. L’Ontario établit sa cible à 15%. Et le Canada en tenant compte des efforts du Québec et de l’Ontario propose globalement pour le pays de ne réduire que de 3% les émissions canadiennes par rapport à 1990. C’est dire que l’Alberta continuera à augmenter sauvagement et en grande quantité ses émission de GES nonobstant le tort qu’elles créent au réchauffement climatique de notre terre.

Il est clair que sur le plan mondial, le Canada est devenu une partie importante du problème du climat. Alors qu’auparavant notre pays était un instrument de consensus et de solution, voilà que nous sommes devenus, avec les Conservateurs au pouvoir, la bête noire sur l’échiquier planétaire. Notre ministre a même annoncé avant son départ pour Copenhague que la position canadienne était non négociable. N’est-ce pas là une belle attitude ouverte au compromis, qu’une telle affirmation ? N’est-ce pas une insulte à l’intelligence de tous les participants de la conférence de Copenhague qui y sont pour trouver des solutions pour sauver la planète ?

Pour montrer patte blanche, les compagnies pétrolières-pollueuses ont imaginé de capter et de comprimer les GES pour les canaliser par pipeline sur une distance de 240 km vers de vieux champs de pétrole et de les pomper dans des réservoirs sous terre. Ce premier projet de 558 millions $ sera financé en partie par le gouvernement du Canada qui puisera dans le fonds spécial de $ 2 milliards qu’il a créé pour aider les compagnies pétrolières à réduire les émissions de GES. Non seulement ce projet n’affectera qu’une partie GES, il ne corrigera pas le dégât considérable fait à l’environnement, à la pollution indescriptible de la rivière Athabasca et de ses affluents ainsi qu’à la destruction de la forêt boréale canadienne. D’ailleurs, les environnementalistes critiquent ces projets de « captage et de storage » en rappelant que c’est l’argent des poches des Canadiens qui financent, en partie, des projets proposés par les grands pollueurs dont les résultats sont incertains.

Il serait préférable d’arrêter cette folie manifeste et d’investir ces argents dans les sources alternatives d’énergie et de conversation. Le Canada tire la patte dans ce domaine, n’a rien fait et « laisse passer la parade ». Par exemple, les USA dépensent, aujourd’hui, 14 fois plus per capita que notre pays pour les énergies recouvrables. Ce seront les Américains et les citoyens d’autres pays qui demain posséderont le savoir-faire dans ces nouveaux domaines. Les emplois iront là bas. Les argents aussi.

Enfin, je crois que les producteurs de pétrole doivent payer pour tout ce qui a rapport avec l’exploitation des sables bitumineux. Si le prix de revient de leur pétrole n’est pas compétitif, tant pis. Qu’on arrête la production et que les pétrolières se concentrent à faire toute la recherche nécessaire pour trouver des solutions rentables permettant une exploitation qui ne met pas la planète en danger. Au pied du mur, je crois que ces compagnies feront tout pour s’en sortir et trouveront de bonnes solutions pour l’avenir.

Cette réserve inouïe de pétrole sera toujours là et pourra être mise à la disposition du monde de demain au profit des Canadiens d’alors. Entretemps nous aurons fait notre part pour protéger notre planète.

Claude Dupras

dimanche 6 décembre 2009

Malbroute s'en va-t-en … Copenhague

Le PM Harper, notre Malbroute national, qui de ces temps-ci voyage dans le monde pour réparer les pots qu’il a cassés depuis que les Conservateurs sont au pouvoir, ira à Copenhague pour la grande conférence de l’ONU sur les changements climatiques. Pour lui, c’est comme aller en guerre puisqu’il est attendu de pied ferme par les écologistes du monde entier qui ont beaucoup à lui reprocher. Y sera-t-il le bon jour ? En tous cas, c’est possible puisque son modèle américain le président Barack Obama, qu’il copie sans honte, a changé sa date de visite du 6 pour le 18 décembre, soit le dernier jour de la conférence afin d’être présent au moment où les grandes décisions doivent être prises par les chefs d’États. Si le PM Harper n’est pas là le 18, on comprendra….

On peut dire merci au président français d’avoir réussi à convaincre le président Obama de changer sa date. Nicolas Sarkozy s’est révélé comme le plus ardent défenseur de l’environnement avec la venue de cette conférence importante. Non seulement a-t-il amené l’Union Européenne à accepter des objectifs sévères pour toute l’Europe, il s’est allié avec des pays importants comme le Brésil pour mieux faire valoir ses politiques environnementales. Il s’est même retrouvé à Trinidad-et-Tobago pour la conférence du Commonwealth britannique, où un président français n’était jamais allé. Le but était de rallier les pays en développement à la cause et aussi définir avec eux l’aide future que les pays riches devront leur accorder pour leur lutte contre le réchauffement climatique. Une entente majeure sur l’environnement a été acceptée à cette réunion.

Je ne m’attends pas à rien de spectaculaire de la part du PM canadien car il a les mains et les pieds liés au lobby pétrolier canadien et, qu’à ce jour, il n’a rien fait pour que le pays rencontre les objectifs de Kyoto. Au contraire. Alors que le Canada avait accepté de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 % d’ici 2012, voilà qu’aujourd’hui les émissions canadiennes ont augmentées de 26 %. Pendant ce temps-là, celles de la France diminuaient de 5 %. Le Canada est devenu un des pays les plus pollueurs de la planète. Et cela à cause de l’exploitation accélérée des sables bitumineux de l’Alberta autorisée par le PM Harper et ses comparses.

Le “Centre for Public Integrity in Washington, D. C.” a mandaté l’“International Consortium of Investigative journalists” pour analyser les effets des lobbies internationaux sur les politiques traitant du réchauffement climatique. Pour le Canada, leur rapport est révélateur. Tout se passe à Ottawa où les deux lobbies, soit les groupes environnementaux et celui des compagnies pétrolifères et leurs alliés, se combattent pour influencer les politiques du gouvernement canadien.

Depuis 1996, plus de 1 570 lobbyistes ont parcouru les corridors du parlement. Ceux des producteurs de pétrole et de gaz naturel, des producteurs de charbon et autres, furent les plus nombreux avec 465 lobbyistes, soit le tiers. Leur pression sur les politiciens a été persistante afin d’amenuiser la législation anti-réchauffement climatique. Le résultat est stupéfiant. Les scientistes affirment que depuis le traité de Kyoto de 2002, le Canada n’a pris aucune action « mesurable » pour contrer les GES.

La majorité de GES est émise en Alberta. Pourtant, la population de cette province représente 10% de celle du pays mais elle produit 70% du pétrole canadien. Ses entreprises productrices crachent dans l’atmosphère 33 % des GES du Canada. On prédit que ce sera 50 % en 2025.

Les congés de taxes et les nouvelles technologies ont encouragé l’exploitation massive des gaz bitumineux. Des projets de 100 milliards $ pullulent dans la région de l’Athabasca.

Les lobbyistes ne visent que le gouvernement canadien puisque celui de l’Alberta est à 100 % acquis à l’idée de l’exploitation immédiate des sables. De plus, ils savent ce que ce dernier dit au gouvernement Harper : « Ecoutez, même si nous sommes frères politiquement (l’Alberta a aussi un gouvernement conservateur), que la majorité du cabinet des ministres canadiens est albertaine, ne vous mêlez pas de nos affaires. Retirez-vous ! Ne nous importunez pas ! »

Suncor, une des plus importantes compagnies exploitantes des sables, prédit qu’en 2012 ses GES auront doublé. Un analyste fédéral renommé affirme : « Le gouvernement ne dit rien car comme tous les autres du passé, il ne veut pas interférer dans les projets des compagnies pétrolifères.»

Le président de Suncor et ses officiers ont eu 48 rencontres avec les hautes instances gouvernementales dont sept avec le ministre actuel de l’environnement Jim Prentice, une avec le PM Harper et huit avec les ministres des ressources naturelles du Canada.

De leur côté, les groupes environnementaux ont aussi accès à ces bonzes de la politique canadienne mais ils ne sont pas traités sérieusement et qualifiés de « gauchistes » comme le fut David Susuki. Le PM Harper refuse de les rencontrer. La dernière rencontre remonte au temps qu’il était dans l’opposition. Par contre, ces groupes ont rencontré trois fois le ministre Prentice et 11 fois le négociateur-en-chef Michael Martin en vue de rencontres onusiennes.

Suncor est un bon exemple du fonctionnement du lobby à Ottawa. La compagnie a 16 lobbyistes très actifs sur la colline parlementaire dont quatre sont d’anciens conseillers du gouvernement.

Avec le temps, Suncor a exprimé des craintes que sa crédibilité corporative et environnementale soit en jeu. Mais elle maintient quand même ses liens étroits avec la puissante « Association Canadienne des Producteurs de Pétrole » qui, avec ses 51 lobbyistes, continue à vouloir réduire sans merci l’effet des lois sur les émissions de GES. Il est reconnu, dans le milieu, que ses dirigeants peuvent en tout temps appeler le PM et lui dire « Tu ne fais pas ceci ou cela, sinon.... ». Durant la dernière année, le président de l’association a rencontré 95 fois des politiciens et de hauts fonctionnaires, dont le négociateur Martin, en vue de Copenhague. Un des membres de l’association, propriétaire d’une compagnie qui exploite les sables bitumineux, a même écrit une lettre publique pour qualifier l’idée d’une banque de carbone de « cancer envahissant sur l’économie canadienne ».

Le travail des lobbyistes a évolué avec le temps. Les principales compagnies pétrolifères ont créé ICO2N, une société de lobbyistes pour l’obtention de subsides gouvernementaux pour financer un système de « capture et de stockage des carbones ». Cette société de Calgary a six lobbyistes dont trois qui furent conseillers politiques auprès du PM Harper. Et tout cela a eu ses premiers effets, puisque récemment les PM du Canada et de l’Alberta ont annoncé des subsides de 1,6 milliards $ pour l’installation de deux systèmes à deux usines thermiques au charbon qui chauffent l’eau pour le lavage des sables. C’est l’argent des taxes qui va financer ces transformations alors que les pétrolières se remplissent les poches. Et même si toutes les usines étaient munies de tels systèmes, cela réduirait le total des GES émis que de 2,6 % pour un coût de 16 milliards $. Mais le tout sera vite balayé par l’autorisation d’un projet additionnel d’exploitation des sables bitumineux comme pour Suncor.

Tout cela démontre bien que le Canada n’est pas au bout de ses peines en rapport avec l’environnement. Il y a là-bas, en Athabasca, un trésor enfoui qui appartient à tous les Canadiens. Une réserve pétrolière pour le monde entier plus grande que celles des Saoudiens. Malheureusement, nous n’avons pas encore trouvé le procédé permettant de soustraire proprement le pétrole des sables bitumineux. Le vrai défi est technologique. Et c’est sur cet aspect de la question que le PM Harper devrait concentrer les efforts du gouvernement. Pour ralentir le réchauffement climatique, l’exploitation des sables bitumineux, telle qu’elle se fait aujourd’hui, doit arrêter. Un jour, lorsque ce sera possible d’extraire le pétrole sans polluer l’air et l’environnement, le monde entier et les générations futures de Canadiens profiteront de cette richesse incroyable.

Entre temps, le PM Harper s’en va à Copenhague. Je serai fort surpris s’il se libère des liens qui le retiennent, change son approche sur l’environnement et revient de là-bas un héros. S’il le fait, je serai un des premiers à l’en féliciter. On a découvert un nouveau Harper en rapport avec les relations internationales, connaîtrons-nous un nouveau Harper en rapport avec l’écologie ? Je me permets d’espérer.

Claude Dupras

jeudi 3 décembre 2009

Les minarets en Suisse

Suite à mon texte « Honte aux Suisses » en rapport avec le référendum sur les minarets en Suisse, j’ai reçu beaucoup de commentaires qui désapprouvent ma position. En voici, à la suite, quelques uns :

« Moi, je dis Bravo aux Suisses, qui ont su se tenir debout, car moi aussi, j'aurais voté contre la construction de ces minarets, du haut desquels est fait l'appel à la prière, et à ce que je sache, les pays occidentaux n'ont pas besoin de ça, déjà qu'on "tolère" leurs mosquées !! »

« Je ne désapprouve pas l'action des Suisses au sujet de la construction de minarets. Nous, dans l'Occident, nous sommes en train de se débarrasser de ce despotisme religieux qui a pendant trop longtemps imposé ses lois sur la conduite de nos vies. On nous disait quoi ne pas manger, comment s'habiller, à qui ne pas parler, quoi ne pas lire, etc...et vous le savez aussi bien que moi. »

« Si les musulmans sont si malheureux, pourquoi alors, ne retournent-ils pas dans leur beau pays, si accueillant, ou leurs mosquées et leurs minarets, ne dérangent personne et ou ils pourraient vivre selon leurs traditions et leur religion, qui ne cadrent absolument, mais alors absolument pas, avec nos valeurs et nos us et coutumes ? »

« Vos propos de ce jour ont sans doute été écrits sous le coup de l'impulsion. Analysez un peu plus la situation avant de commettre des propos aussi creux. »

« Les musulmans sont intolérants; essayez d’ériger une église en Arabie Saoudite. Nous n'avons pas à être plus tolérants qu'eux. S'ils veulent absolument pratiquer la religion de l'islam, qu'ils le fassent en secret. »

« Je dis non aux grosses mosquées; c'est le temps du moyen-âge et ce temps est passé. »

« Et la liberté de culte dans les pays musulmans, on en fait quoi ??? Meurtres, mutilations, assassinats...voilà ce qui réservé aux non musulmans »

« Pour ma part, l'islam et tout ce qui s'ensuit, est un fléau mondial, un point c'est tout, et je les tolère parce que je n’ai pas le choix, car nos gouvernements sont trop peureux, pour faire autrement!! »

« Je ne suis pas d'accord avec votre commentaire. Cela s'appelle de la "démocratie" ce que nous manquons dans mon pays. Il me semble que le jour ou les musulmans voudront ENFIN s'adapter au pays qui les accueille au lieu d'exiger tout ce que eux veulent, les autochtones seront plus enclins a être positifs envers eux »

« …de la provocation. Je ne suis pas raciste mais à force des choses on le deviendrait. Ainsi pour ne pas vexer les Musulmans, dans les administrations et lieux publics il n'y a plus de sapin de Noël, ni de crèche et pourquoi c'est NOUS qui devons nous adapter à eux, c'est vraiment le comble de tout. »

« Les musulmans vivent dans leur communauté et en plus "exigent" le port du foulard pour les filles dans les écoles. Par contre, en Turquie il est interdit de porter le foulard dans les écoles! Donc, pourquoi cette exigence… ou provocation en Europe ??? »

« Qu'est-ce que les Musulmans normaux, attendent pour faire taire les fondamentalistes islamistes ? Qu'ils… prennent les mesures nécessaires, afin que ces groupes de terroristes, arrêtent de semer la terreur, et par le fait-même, entretenir la haine, envers eux?? »

« Les alliés se battent pour les faire entrer dans le 21ième siècle, qu'ils respectent les femmes, qu'ils se débarrassassent de leur coutumes barbares de mutilation et de lapidation, etc.. »


J’ai été surpris de la violence et du ton des commentaires que j’ai reçus. Un seul était positif. Mon expérience personnelle, si loin de cet état de chose, me fait voir la situation tellement différemment.

Il y a eu au Canada, presque constamment, des vagues d’immigrations reliées aux différents fléaux qui s’abattaient sur diverses parties du monde. Plusieurs des individus affectés par ces malheurs ont crû bon d’immigrer au Canada. Ils sont venus avec leur us, leurs coutumes et leur religion. Avec le temps, ils se sont intégrés et sont devenus des atouts importants pour le développement de notre pays. Le Canada a toujours eu besoin de l’immigration pour continuer à progresser. Le résultat a été qu’à Montréal, par exemple, plus de 100 nationalités différentes y résident côte à côte. Et je dirais qu’ils vivent bien ensemble.

Qu’il soit catholique, protestant, juif, hindouiste, bouddhiste, musulman, confucianiste ou d’une autre religion, chacun a trouvé son lieu de prière. Certes, il y a eu des accrochages, mais pas plus. La société change. Il n’y a pas tellement longtemps les églises catholiques étaient pleines. Aujourd’hui, elles sont vides. Il y a même, à Montréal, d’ex-églises catholiques qui ont été vendues à des groupes musulmans et transformées en mosquée. C’est la vie.

Ici, comme en Europe, depuis le 11-09, les éclats des conflits qui affligent le monde sont transmis par les mass-médias, presque quotidiennement, et montrent, plus souvent qu’autrement sans nuance, que ce sont des arabes musulmans fondamentalistes (on ne le dit pas toujours) qui sont les auteurs de ces crimes et qui sont caricaturés comme les ennemis du monde. La compétition au sein des médias a fait en sorte qu’une spirale ascendante de nouvelles à sensations sur ces sujets retombe négativement sur la religion musulmane. L’Islam paraît pour plusieurs comme une mauvaise religion qui engendre la guerre et la haine. Alors que c’est une religion de paix.

Sur les 1,5 milliards de pratiquants musulmans dans le monde, seule une infime pincée s’agite contre l’Occident. Mais pourtant c’est toute la religion qui est la cible des critiques. Certes, elle a des aspects difficilement compréhensibles pour un Occidental, mais la religion chrétienne, dans le passé, a aussi engendré des gestes sauvages et meurtriers que l’histoire relate et lui reproche.

Nous sommes tous, jusqu’à un certain point, endoctrinés par cette avalanche d’images et de paroles anti-arabes et anti-islam. Je le constate tous les jours dans mes conversations avec plusieurs personnes et je peine à faire valoir mon point de vue qui est, souventes fois, fort différent. Les commentaires en réaction à mon récent blog le démontrent clairement. De plus, les nombreux sondages dans tous les pays européens depuis le référendum suisse l’indiquent puisqu’une très vaste majorité d’européens, quelque soient leur origine, s’oppose à la construction de minarets sur leur territoire. Cette situation est triste car elle est basée sur une dénaturation de ce qu’est l’Islam. On ne fait pas la part des choses. À mon avis, il est temps que cela change, car ce repli sur nous-mêmes est négatif et engendrera de nouveaux conflits dans notre propre cour. La démocratie c’est le respect de l’autre. Le partage avec l’autre. La compréhension de l’autre.

La liberté de religion est aussi importante que la liberté de parole. Et même si parfois, on peut trouver difficile de s’adapter, il faut, à mon point de vue, penser à long terme et comprendre que le temps guérit bien les plaies les plus vives.

Un bon exemple est le Canada qui est composé d’immigrants et de fils et filles d’immigrants. On y voit comment petit à petit des gens de toute religion ont pu s’intégrer ensemble dans une société qui fonctionne bien mais qui, malgré tout, accepte toujours les changements avec la même réticence que par le passé.

Claude Dupras