Le nouveau PM Israélien Benyamin Netanyahou vient de faire sa première déclaration importante sur la situation d’Israël et de la Palestine.
Netanyahou n’a pas répondu aux espoirs attendus. Motivé à trouver un équilibre entre ses aspirations à la paix et à celles de la sécurité de son pays, il a dit des mots pour satisfaire quelque peu le président américain Barack Obama et permettre à ce dernier de déclarer qu’un pas en avant venait d’être accompli. Je dirais, un petit pas.
J’ai lu intégralement le texte de son discours. Il a bien expliqué la misère des juifs depuis 2,000 ans qui a aboutit sur l’Holocauste. Ce texte m’a rappelé ma lecture du livre de Marek Halter « Mémoire d’Abraham », un livre généalogique sur le trajet deux fois millénaire de sa famille et qui démontre bien les souffrances, le martyr et la discrimination qu’a subis le peuple juif à travers les âges. Netanyahou rappelle ces injustices sur lesquelles il base son argumentation pour défendre l’existence d’un pays juif, nommé Israël. Il va même jusqu’à dire que si Israël avait existé avant la deuxième guerre, l’holocauste n’aurait pas eu lieu car les juifs de l’Europe auraient eu une patrie où fuir. C’est un argument compréhensible pour lequel j’ai beaucoup de sympathie.
Netanyahou défend la notion d’un état juif, même si, aujourd’hui, un million des habitants d’Israël sont arabes. C’est comme si on disait que le Québec est un état catholique parce que la majorité est catholique. Qu’importe les autres qu’ils soient protestants, musulmans, juifs, bouddhistes… J’ai l’impression que nous serions alors taxés des plus mauvaises épithètes. Pour le Québec ce serait indéfendable. L’est-ce pour Israël ? C’est là la question.
Des millions d’arabes vivant sur le territoire d’Israël, tel que défini par l’ONU en 1948, ont dû fuir leur maison, leur propriété pour trouver refuge dans des camps du côté de la Palestine. Ces arabes veulent revenir chez eux, reprendre leur maison, leur terrain, leur commerce. Netanyahou vient de confirmer officiellement qu’il refuse car cela rendrait les juifs minoritaires en Israël et nuirait au développement futur de leur état. Il dit vouloir les aider à se réinstaller en dehors d’Israël avec l’aide financière internationale. Donc, ce sont les autres pays qui vont payer pour cette injustice flagrante. C’est comme si on expulsait les anglophones du Québec, sans les compenser pour leurs actifs, tout en se disant prêts à les aider à se réinstaller en Ontario avec l’argent des autres gouvernements. Même question !
Pour justifier cette approche, Netanyahou affirme que cela n’est que juste car des milliers de juifs ont quitté les pays arabes pour venir s’installer en Israël et ont laissé derrière eux leur passé et leurs avoirs. Il oublie de dire que contrairement aux arabes israéliens, une très grande majorité de ces juifs ont pu vendre leurs propriétés avant de partir et aucun ne vit dans un camp de réfugiés.
Pour plaire à Obama, Netanyahou accepte de ne pas construire de nouvelles colonies sur les terres de la Palestine. Mais, il ne va pas assez loin car il veut continuer à développer les colonies déjà implantées sur les terres occupées pour des « raisons de démographie », dit-il. Il affirme que les familles qui y sont implantées, ont droit de grandir. Il laisse Obama sur sa soif !
Puis, il y a Jérusalem. Netanyahou ne veut aucunement céder sur ce sujet et affirme que Jérusalem demeurera totalement partie d’Israël, même la partie arabe occupée où vivent les arabes et qui contient la fameuse grande mosquée si importante pour l’Islam.
En conclusion, il se dit prêt à reconnaître un état palestinien indépendant. C’est la première fois qu’il fait cette affirmation. Mais il exige que le nouvel état palestinien soit démilitarisé, sans droit aérien, etc… ce qui me semble inacceptable pour un pays indépendant.
En somme, le PM d’Israël ouvre la porte aux dirigeants du peuple palestinien et à ceux des pays arabes pour commencer des pourparlers de paix à la condition qu’ils acceptent, au préalable, ses positions en rapport avec les réfugiés, Jérusalem et la démilitarisation du nouvel État Palestinien.
J’ai l’impression que Netanyahou, n’a fait qu’ajouter des obstacles au processus de paix.
Barack Obama, Nicolas Sarkozy et le président de l’Union Européenne, en diplomates, ont accepté publiquement la position de Netanyahou soulignant qu’il reconnaît enfin le droit aux Palestiniens d’avoir leur État indépendant. Mais ce n’est qu’une porte entrouverte qui devra être ouverte à la pleine grandeur par les négociateurs américains. Ces derniers auront un travail difficile pour atteindre leur objectif, soit la création de deux États libres et indépendants vivant en harmonie et en paix, côte à côte, sur leur terre ancestrale.
Mission impossible ? Qui sait… On disait cela lorsque le président américain Carter réunissait Anwar El Sadat, le président égyptien, et Menahem Begin, le PM israélien, pour négocier une paix entre l’Égypte et Israël. Cela a bien fini. Alors tout est possible…
Claude Dupras
lundi 15 juin 2009
Netanyahou entrouvre la porte… à peine
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samedi 13 juin 2009
Les élections iraniennes
À la grande surprise des observateurs, Mahmoud Ahmadinejad vient d’être réélu président de l’Iran avec un appui de 62,6% des électeurs qui ont voté à 85%, un record de participation. C’est une très grande victoire. Son adversaire principal, le modéré Mirhossein Mousavi conteste le résultat prétextant que des malversations électorales ont eu lieu. Mais la victoire d’Ahmadinejad, aussi surprenante qu’éclatante, est indiscutable. Les Iraniens ont voté clairement pour ses politiques.
La république islamique iranienne vient une fois de plus de nous démontrer que l'Islam n'est pas en contradiction avec ce que nous appelons en Occident : la démocratie politique. Jamais un pays musulman n'a organisé des élections présidentielles aussi démocratiques que l'Iran cette année. Jamais un pays arabe ou musulman ne s’est donné le luxe de permettre à quatre candidats à la présidence de se présenter aux élections. Et cela est confirmé par les mass-médias occidentaux qui ont tous reconnu que la campagne électorale organisée en Iran a été des plus ouvertes.
Le grand vainqueur dans ces élections n’est pas en fait Ahmadinejad mais le peuple iranien qui a été vraiment encouragé à participer librement et qui a répondu en très grand nombre.
Malheureusement, ce n’est pas une vraie élection libre et entièrement démocratique comme nous l’entendons. En effet, les quatre candidats officiels ont dû obtenir l’accord du chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei pour devenir candidats. C’est en fait le Conseil Suprême religieux de l’Iran qui a le pouvoir total. Même élu, le prochain président ne pourra faire adopter ce qu’il veut. C’est le Conseil Suprême qui décide si les décisions du président sont conformes aux enseignements de l’Islam et aux vues des membres du Conseil Suprême. C’est un peu comme au Québec de jadis, où les politiciens devaient s’assurer de l’appui de l’église catholique pour gagner leurs élections et même pour prendre certaines de leurs décisions gouvernementales.
Ahmadinejad, dans son premier mandat, a affirmé des choses surprenantes comme son désir de rayer Israël de la carte du monde et de continuer le développement nucléaire de son pays nonobstant les vues des principaux pays de l’Occident et de l’ONU. Cette affirmation provocatrice est de toute évidence irréaliste, car si jamais l’Iran voulait lancer une bombe nucléaire sur Israël, il en recevrait probablement une sur la tête avant. La conséquence malheureuse de cette bravade est que les dirigeants israéliens l’ont utilisée à leur avantage pour démontrer l’urgence de renforcer davantage leur défense et de justifier leur décision de ne pas régler le problème odieux des Palestiniens.
J’ai bien apprécié la déclaration du président Barack Obama qui s’est prononcé sur ces élections et qui a reconnu qu’elles ont permis aux Iraniens de décider librement de leur avenir. Obama sait ce que représente véritablement Ahmadinejad.
Son comportement durant cette élection et celui de son gouvernement me donnent tout de même, et enfin, un peu d'espoir. Il me semble qu’Obama se positionne pour l’avenir et se prépare à convaincre diplomatiquement les vrais dirigeants de l’Iran, le Conseil Suprême, plutôt que de continuer la même politique d'exclusion et d’agressivité de GWBush. Ahmadinejad est le problème, le Conseil suprême est la solution.
Le président Obama sait qu’une entente avec l’Iran est une des clefs principales de la paix au Moyen-Orient.
Claude Dupras
La république islamique iranienne vient une fois de plus de nous démontrer que l'Islam n'est pas en contradiction avec ce que nous appelons en Occident : la démocratie politique. Jamais un pays musulman n'a organisé des élections présidentielles aussi démocratiques que l'Iran cette année. Jamais un pays arabe ou musulman ne s’est donné le luxe de permettre à quatre candidats à la présidence de se présenter aux élections. Et cela est confirmé par les mass-médias occidentaux qui ont tous reconnu que la campagne électorale organisée en Iran a été des plus ouvertes.
Le grand vainqueur dans ces élections n’est pas en fait Ahmadinejad mais le peuple iranien qui a été vraiment encouragé à participer librement et qui a répondu en très grand nombre.
Malheureusement, ce n’est pas une vraie élection libre et entièrement démocratique comme nous l’entendons. En effet, les quatre candidats officiels ont dû obtenir l’accord du chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei pour devenir candidats. C’est en fait le Conseil Suprême religieux de l’Iran qui a le pouvoir total. Même élu, le prochain président ne pourra faire adopter ce qu’il veut. C’est le Conseil Suprême qui décide si les décisions du président sont conformes aux enseignements de l’Islam et aux vues des membres du Conseil Suprême. C’est un peu comme au Québec de jadis, où les politiciens devaient s’assurer de l’appui de l’église catholique pour gagner leurs élections et même pour prendre certaines de leurs décisions gouvernementales.
Ahmadinejad, dans son premier mandat, a affirmé des choses surprenantes comme son désir de rayer Israël de la carte du monde et de continuer le développement nucléaire de son pays nonobstant les vues des principaux pays de l’Occident et de l’ONU. Cette affirmation provocatrice est de toute évidence irréaliste, car si jamais l’Iran voulait lancer une bombe nucléaire sur Israël, il en recevrait probablement une sur la tête avant. La conséquence malheureuse de cette bravade est que les dirigeants israéliens l’ont utilisée à leur avantage pour démontrer l’urgence de renforcer davantage leur défense et de justifier leur décision de ne pas régler le problème odieux des Palestiniens.
J’ai bien apprécié la déclaration du président Barack Obama qui s’est prononcé sur ces élections et qui a reconnu qu’elles ont permis aux Iraniens de décider librement de leur avenir. Obama sait ce que représente véritablement Ahmadinejad.
Son comportement durant cette élection et celui de son gouvernement me donnent tout de même, et enfin, un peu d'espoir. Il me semble qu’Obama se positionne pour l’avenir et se prépare à convaincre diplomatiquement les vrais dirigeants de l’Iran, le Conseil Suprême, plutôt que de continuer la même politique d'exclusion et d’agressivité de GWBush. Ahmadinejad est le problème, le Conseil suprême est la solution.
Le président Obama sait qu’une entente avec l’Iran est une des clefs principales de la paix au Moyen-Orient.
Claude Dupras
jeudi 11 juin 2009
Netanyahou, le « pas bon » !
Plusieurs américains, surtout républicains, croient que le président Barak Obama en tendant la main aux 1,5 milliards de musulmans sur la terre repousse du même geste Israël et risque ainsi de briser le lien intime qui existe entre les USA et Israël. Que le peuple palestinien souffre d’une situation intolérable ne semble pas avoir d’importance pour eux !
Tout en suggérant aux Palestiniens d’abandonner la violence en leur rappelant l’exemple des noirs américains qui ont obtenu des droits égaux par la non-violence et une détermination constante, Obama demande à Israël de cesser d’agrandir illégalement ses colonies construites sur les terres dites occupées et qui appartiennent à la Palestine. De plus, il leur demande de laisser aux Palestiniens la possibilité de travailler et de développer leur société. C’est normal… non ? D’ailleurs, n’est-ce pas ce que nous pensons tous depuis longtemps ?
Si les USA décidaient unilatéralement d’occuper une partie du territoire canadien à sa frontière et d’y construire de nouvelles villes ou villages avec l’intention de les contrôler, jamais nous, les Canadiens, accepterions une telle situation. Alors ?
Le nouveau Premier Ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou, a rejeté « subito presto » du revers de la main l’appel du président américain prétextant que GWBush avait accepté le principe de la construction à l’intérieur des territoires déjà occupés. Obama dit et redit « NON » pour deux raisons : Premièrement, pour aider les Palestiniens à sortir de leur détresse, et, deuxièmement, pour être en mesure de former une coalition régionale contre les ambitions de l’Iran de se donner l’arme nucléaire.
Même si Israël a la bombe nucléaire, Netanyahou n’apprécie pas non plus la déclaration d’Obama à l’effet que l’Iran a droit, comme tout pays, à la puissance du nucléaire pour des fins pacifiques.
Obama ne s’est pas arrêté en Israël lors de sa dernière visite. On n’a pas vu cela depuis longtemps de la part d’un président américain. Il voulait sûrement faire comprendre aux Israéliens toute sa détermination pour régler le problème qui empoisonne tout le Moyen-Orient. Les USA ont fait partout la leçon aux pays du monde, il est temps qu’ils la fassent aussi aux dirigeants israéliens.
Si Netanyahou s’enrage comme un enfant gâté, qu’importe ! Vers qui se tournera-t-il ? Est-ce que l’appui à Israël veut dire que les USA doivent approuver automatiquement toutes les actions qu’il mène contre les Palestiniens et qui enrage tout le monde arabe ? Est-ce qu’Israël peut continuer à se moquer des résolutions du conseil de sécurité des Nations-Unies sans que les USA regimbent? Et les droits de la personne, on en fait quoi ?
L’appui inconditionnel des USA à Israël a été contre-productif pour le peuple américain. Les Américains versent des sommes immenses à Israël, lui fournissent des armes sophistiquées, y exercent des échanges commerciaux importants et l’aident de multiples autres façons. Tout est à sens unique, car en retour Israël ne leur apporte rien et ils n’obtiennent que des problèmes et une animosité envers eux qui est généralisée dans les mondes arabe et musulman du Moyen-Orient, de l’Asie et d’ailleurs sur la planète.
Netanyahou a été élu par une frange d’extrémistes juifs de droite et il croit plus important de plaire à ces groupes afin de maintenir son nouveau pouvoir que d’agir dans le vrai intérêt du peuple Israélien, soit de vivre en paix et en harmonie avec ses voisins. Contrairement à ce que tout ce petit monde pense, Israël n’est pas le pilier sur lequel doit se maintenir tout ce qui se passe au Moyen-Orient.
Un nouvel équilibre doit apparaître dans cette région si la paix est pour se pointer le nez afin que cessent, une fois pour toutes, les morts et les blessés chez les femmes et les enfants israéliens et palestiniens. En obtenant la paix, les relations d’Israël avec les USA ne seront pas amoindries, au contraire. De plus, cette paix fera d’Israël une vraie nation puisque sa population cessera de vivre dans la peur d’être attaquée et les parents pourront élever leurs enfants sans crainte qu’ils soient, un jour, appelés à aller sur un front de guerre.
Et que pense le lobby juif américain, si important par l’influence qu’il exerce avec sa puissance électorale et l’appui massif qu’il accorde au parti Démocrate, des actions et des paroles du président Barack Obama ? À ce jour, les échos sont bons. Il semble qu’il appuiera le président dans sa démarche pour trouver enfin une paix juste, équitable et vraie entre Israël et la Palestine ainsi qu’avec tous les autres pays arabes qui ne reconnaissent pas encore officiellement l’État d’Israël. Je crois qu’il comprend qu’une telle entente entre Israël et la Palestine améliorera la sécurité non seulement au Moyen Orient mais aussi aux USA et ailleurs dans le monde. En tout cas, on ne peut qu’admirer le courage politique d’Obama de se tenir debout devant un lobby qui peut vraiment affecter sa popularité.
Le seul problème est le PM Netanyahou. Il vient d’affirmer qu’il est prêt à laisser les Palestiniens gouverner leur territoire sans reconnaître qu’ils forment un pays. Son argument est simpliste : les Palestiniens sont incapables de diriger un pays indépendant et ne pourront, par conséquence, respecter les ententes d’un accord avec Israël. Il est évident qu’il invente, au fur et à mesure, des arguments pour nuire aux négociations dès qu’elles s’annoncent possibles afin de justifier ses positions politiques draconiennes envers le peuple palestinien, Il ne fait que de la « potilique ». Il veut faire oublier que c’est l’armée israélienne qui a détruit les bâtiments gouvernementaux palestiniens du temps d’Arafat et récemment dans Gaza, a tué et même assassiné des leaders politiques palestiniens et des chefs militaires, etc… Son pays a tout fait pour désorganiser la Palestine et aujourd’hui, Netanyahou vient plaider pour chercher à prouver que les Palestiniens ne sont pas en mesure de gouverner.
On ne pouvait trouver pire PM pour Israël au moment où Barak Obama est président des USA. Si Netanyahou était de la trempe des ex-PM israéliens Yitzhak Rabin et Menahem Begin, nous serions probablement témoins d’une grande entente de paix au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, c’est loin d’être certain si on se fie à tous ses discours des dernières années.
Dans les jours prochains, Netanyahou s’apprête à faire une déclaration officielle en réponse aux demandes du président américain. Il est coincé entre les USA qui aident énormément son pays et ses électeurs qui lui donnent le pouvoir. S’il advenait qu’il se montre ouvert et accepte, avec des conditions raisonnables, la position d’Obama, il faudra examiner ses mots à la loupe pour découvrir où se cache l’anguille. À mon avis, on peut difficilement lui faire confiance. J’espère qu’Obama contournera ce PM à la Sharon, le dur des durs, afin d’atteindre l’objectif qu’un très grand nombre d’israéliens attendent.
La seule lueur d’espoir que je vois est Shimon Peres, président d’Israël, qui normalement n’a pas, de par son rôle, à s’occuper des affaires du gouvernement mais qui trépigne sûrement d’impatience devant la résistance de Netanyahou. Je le vois intervenir en coulisses et probablement sur la place publique pour qu’une entente se fasse. N’est-il pas un prix Nobel de la paix ?
Claude Dupras
Tout en suggérant aux Palestiniens d’abandonner la violence en leur rappelant l’exemple des noirs américains qui ont obtenu des droits égaux par la non-violence et une détermination constante, Obama demande à Israël de cesser d’agrandir illégalement ses colonies construites sur les terres dites occupées et qui appartiennent à la Palestine. De plus, il leur demande de laisser aux Palestiniens la possibilité de travailler et de développer leur société. C’est normal… non ? D’ailleurs, n’est-ce pas ce que nous pensons tous depuis longtemps ?
Si les USA décidaient unilatéralement d’occuper une partie du territoire canadien à sa frontière et d’y construire de nouvelles villes ou villages avec l’intention de les contrôler, jamais nous, les Canadiens, accepterions une telle situation. Alors ?
Le nouveau Premier Ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou, a rejeté « subito presto » du revers de la main l’appel du président américain prétextant que GWBush avait accepté le principe de la construction à l’intérieur des territoires déjà occupés. Obama dit et redit « NON » pour deux raisons : Premièrement, pour aider les Palestiniens à sortir de leur détresse, et, deuxièmement, pour être en mesure de former une coalition régionale contre les ambitions de l’Iran de se donner l’arme nucléaire.
Même si Israël a la bombe nucléaire, Netanyahou n’apprécie pas non plus la déclaration d’Obama à l’effet que l’Iran a droit, comme tout pays, à la puissance du nucléaire pour des fins pacifiques.
Obama ne s’est pas arrêté en Israël lors de sa dernière visite. On n’a pas vu cela depuis longtemps de la part d’un président américain. Il voulait sûrement faire comprendre aux Israéliens toute sa détermination pour régler le problème qui empoisonne tout le Moyen-Orient. Les USA ont fait partout la leçon aux pays du monde, il est temps qu’ils la fassent aussi aux dirigeants israéliens.
Si Netanyahou s’enrage comme un enfant gâté, qu’importe ! Vers qui se tournera-t-il ? Est-ce que l’appui à Israël veut dire que les USA doivent approuver automatiquement toutes les actions qu’il mène contre les Palestiniens et qui enrage tout le monde arabe ? Est-ce qu’Israël peut continuer à se moquer des résolutions du conseil de sécurité des Nations-Unies sans que les USA regimbent? Et les droits de la personne, on en fait quoi ?
L’appui inconditionnel des USA à Israël a été contre-productif pour le peuple américain. Les Américains versent des sommes immenses à Israël, lui fournissent des armes sophistiquées, y exercent des échanges commerciaux importants et l’aident de multiples autres façons. Tout est à sens unique, car en retour Israël ne leur apporte rien et ils n’obtiennent que des problèmes et une animosité envers eux qui est généralisée dans les mondes arabe et musulman du Moyen-Orient, de l’Asie et d’ailleurs sur la planète.
Netanyahou a été élu par une frange d’extrémistes juifs de droite et il croit plus important de plaire à ces groupes afin de maintenir son nouveau pouvoir que d’agir dans le vrai intérêt du peuple Israélien, soit de vivre en paix et en harmonie avec ses voisins. Contrairement à ce que tout ce petit monde pense, Israël n’est pas le pilier sur lequel doit se maintenir tout ce qui se passe au Moyen-Orient.
Un nouvel équilibre doit apparaître dans cette région si la paix est pour se pointer le nez afin que cessent, une fois pour toutes, les morts et les blessés chez les femmes et les enfants israéliens et palestiniens. En obtenant la paix, les relations d’Israël avec les USA ne seront pas amoindries, au contraire. De plus, cette paix fera d’Israël une vraie nation puisque sa population cessera de vivre dans la peur d’être attaquée et les parents pourront élever leurs enfants sans crainte qu’ils soient, un jour, appelés à aller sur un front de guerre.
Et que pense le lobby juif américain, si important par l’influence qu’il exerce avec sa puissance électorale et l’appui massif qu’il accorde au parti Démocrate, des actions et des paroles du président Barack Obama ? À ce jour, les échos sont bons. Il semble qu’il appuiera le président dans sa démarche pour trouver enfin une paix juste, équitable et vraie entre Israël et la Palestine ainsi qu’avec tous les autres pays arabes qui ne reconnaissent pas encore officiellement l’État d’Israël. Je crois qu’il comprend qu’une telle entente entre Israël et la Palestine améliorera la sécurité non seulement au Moyen Orient mais aussi aux USA et ailleurs dans le monde. En tout cas, on ne peut qu’admirer le courage politique d’Obama de se tenir debout devant un lobby qui peut vraiment affecter sa popularité.
Le seul problème est le PM Netanyahou. Il vient d’affirmer qu’il est prêt à laisser les Palestiniens gouverner leur territoire sans reconnaître qu’ils forment un pays. Son argument est simpliste : les Palestiniens sont incapables de diriger un pays indépendant et ne pourront, par conséquence, respecter les ententes d’un accord avec Israël. Il est évident qu’il invente, au fur et à mesure, des arguments pour nuire aux négociations dès qu’elles s’annoncent possibles afin de justifier ses positions politiques draconiennes envers le peuple palestinien, Il ne fait que de la « potilique ». Il veut faire oublier que c’est l’armée israélienne qui a détruit les bâtiments gouvernementaux palestiniens du temps d’Arafat et récemment dans Gaza, a tué et même assassiné des leaders politiques palestiniens et des chefs militaires, etc… Son pays a tout fait pour désorganiser la Palestine et aujourd’hui, Netanyahou vient plaider pour chercher à prouver que les Palestiniens ne sont pas en mesure de gouverner.
On ne pouvait trouver pire PM pour Israël au moment où Barak Obama est président des USA. Si Netanyahou était de la trempe des ex-PM israéliens Yitzhak Rabin et Menahem Begin, nous serions probablement témoins d’une grande entente de paix au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, c’est loin d’être certain si on se fie à tous ses discours des dernières années.
Dans les jours prochains, Netanyahou s’apprête à faire une déclaration officielle en réponse aux demandes du président américain. Il est coincé entre les USA qui aident énormément son pays et ses électeurs qui lui donnent le pouvoir. S’il advenait qu’il se montre ouvert et accepte, avec des conditions raisonnables, la position d’Obama, il faudra examiner ses mots à la loupe pour découvrir où se cache l’anguille. À mon avis, on peut difficilement lui faire confiance. J’espère qu’Obama contournera ce PM à la Sharon, le dur des durs, afin d’atteindre l’objectif qu’un très grand nombre d’israéliens attendent.
La seule lueur d’espoir que je vois est Shimon Peres, président d’Israël, qui normalement n’a pas, de par son rôle, à s’occuper des affaires du gouvernement mais qui trépigne sûrement d’impatience devant la résistance de Netanyahou. Je le vois intervenir en coulisses et probablement sur la place publique pour qu’une entente se fasse. N’est-il pas un prix Nobel de la paix ?
Claude Dupras
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lundi 8 juin 2009
Et l'Europe, on en fait quoi ?
C’était hier, les élections pour tous les députés au parlement européen. En France, seulement 40% des électeurs ont voté, alors que dans tous les autres pays membres de l’Union Européenne le score est à 41,5%. C’est pitoyable et un affront à la démocratie qui m’a fait penser au mot d’ordre de voter « blanc » aux élections présidentielles. Alors que le parlement européen a de plus en plus de responsabilités, les Européens votent de moins en moins. Hier, le pourcentage était plus bas qu’à la dernière élection et celui de cette année-là était encore plus bas que la précédente.
J’ai suivi de près la campagne électorale française et j’ai constaté que les électeurs ne montrent pas d’intérêt pour l’Europe parce qu’ils la connaissent peu. J’ai même détecté un sentiment anti-européen chez plusieurs. Malheureusement pour eux, la période électorale ne fut pas un moment pour apprendre. Au contraire elle fut une non-campagne, presqu’une farce. Elle s’est terminée sur le plateau de France 2, la veille du jour de l’élection, où le spectacle offert par les représentants des partis fut déplorable, dégradant et insignifiant. Des bouffons n’auraient pas mieux fait.
Alors qu’on espérait de cette émission télévisée qu’elle éveille les électeurs et les encourage à aller voter, ce fut pour eux une douche froide qui les a éloignés davantage des bureaux de votation. Les participants s’invectivaient, palabraient tous en même temps, ne parlaient pas de l’Europe, pratiquaient l’antisarkozysme à plein, ne montraient aucun respect pour le poste de président de la France pas plus qu’entre eux d’ailleurs. Seuls deux ou trois étaient calmes, dont Xavier Bertrand président de l’UMP et la socialiste Martine Aubry qui, malgré son attitude, trouva quand même le moyen de traiter le président Sarkozy de menteur. Le tout culmina sur des échanges de bas niveau, de ruelle, entre François Bayrou, chef du Mouvement Démocrate, et Daniel Cohn-Bendit, leader du groupe Europe Écologie. Peut-on vraiment être surpris que les jeunes français ne s’intéressent pas à la politique lorsqu’ils voient leurs ainés agir de la sorte à la télé, en couleurs et en HD ?
Le grand gagnant fut l’UMP, le parti sarkozien, avec 28%. La surprise fut la montée d’Europe Écologie qui arriva à égalité avec le parti socialiste à 16 % alors que le Modem chuta à 8,5%. Comme ces élections sont à la proportionnelle et à un tour de votation, les partis obtiennent chacun le nombre de députés européens en proportion de l’appui qu’ils ont gagné. Ainsi toutes les opinions sont représentées au parlement européen. C’est un système juste et équitable qui m’a rappelé l’élection des Progressistes-Conservateurs que j’organisai au Québec du temps de Robert Stanfield. Nous avions obtenu plus de 28% des suffrages mais fait élire que deux députés avec une pluralité de votes. Avec un système proportionnel, notre nombre aurait été de 21 députés et les Québécois qui avaient voté « bleu » auraient été représentés au parlement canadien. Mais ça c’est une autre histoire…
Le jour de l’élection, au marché du dimanche de mon village, j’ai rencontré, séparément, trois amis français qui venaient de voter. Je savais qu’ils étaient de bons socialistes. À ma grande surprise, les trois m’avouèrent la même chose, ils venaient de voter pour Europe Écologie. « Pourquoi ne pas avoir supporté votre parti, le parti socialiste ? » leur demandai-je. Leur réponse, fut presque similaire, « c’est un parti en déroute qui va s’effondrer et l’écologie est de prime importance en ce moment, surtout pour l’ensemble de l’Europe » en me précisant « mais nous sommes toujours socialistes ». Le soir, à l’annonce des résultats, je me suis rendu compte qu’ils n’étaient pas les seuls à penser ainsi.
La défaite importante du parti socialiste m’a remémoré la surprise que j’avais ressentie lors de l’élection de Martine Aubry comme premier secrétaire du parti socialiste. Je ne comprenais pas alors cette décision. La femme des 35 heures qui ont fait si mal à la France, revenait à la tête des affaires de son parti après avoir été la cause de la baisse en popularité du gouvernement Jospin, coûté à ce dernier la présidence et relégué le parti socialiste profondément dans l’opposition. Les Français n’ont pas oublié cette erreur magistrale et ne veulent pas de Martine Aubry. Hier soir, le parti s’est englué encore plus. Ce ne peut être plus clair. Elle doit démissionner et être remplacée immédiatement. Non pas par un autre membre de la vieille garde, « les éléphants » comme on les appelle, mais par un des nombreux brillants jeunes députés socialistes qui œuvrent dans ce parti. Il me semble que c’est la seule façon que la direction de ce parti puisse vraiment se rajeunir, se réorganiser et proposer des idées qui correspondent aux besoins des Français d’aujourd’hui. Contrairement aux « éléphants », ces nouveaux dirigeants seront écoutés et deviendront des pédagogues crédibles pour bien expliquer les nouvelles politiques socialistes aux Français.
Le parlement européen devient de plus en plus important car il participe davantage aux décisions de l’UE. Il vote des lois en codécision (avant il n’agissait que sur une base consultative seulement) avec le conseil de l’UE (composé des chefs de gouvernement ou des ministres), accorde ou retire sa confiance à la Commission (composée d’un commissaire par État-Membre), adopte le budget et contrôle son usage. Dans les domaines de l’environnement, du transport, de l’immigration clandestine, le parlement a le pouvoir d’agir. Il peut recevoir des pétitions d’européens. Il a un pouvoir de contrôle en politique étrangère et dans le domaine de la coopération policière et judiciaire. Le parlement est la base démocratique de l’UE et ses députés sont élus tous les 5 ans. Il est fort important. Que les Français, tout comme la majorité des Européens, ne s’intéressent pas davantage à ce corps politique qui touche de si près leur vie, me renverse. Par exemple, il vient d’adopter la politique climatique la plus audacieuse du monde.
Il est à espérer dans l’intérêt de tous, incluant les Nord-Américains, que les Français se réveillent, acceptent que le parlement européen soit aussi leur parlement et qu’ils s’en occupent.
Claude Dupras
J’ai suivi de près la campagne électorale française et j’ai constaté que les électeurs ne montrent pas d’intérêt pour l’Europe parce qu’ils la connaissent peu. J’ai même détecté un sentiment anti-européen chez plusieurs. Malheureusement pour eux, la période électorale ne fut pas un moment pour apprendre. Au contraire elle fut une non-campagne, presqu’une farce. Elle s’est terminée sur le plateau de France 2, la veille du jour de l’élection, où le spectacle offert par les représentants des partis fut déplorable, dégradant et insignifiant. Des bouffons n’auraient pas mieux fait.
Alors qu’on espérait de cette émission télévisée qu’elle éveille les électeurs et les encourage à aller voter, ce fut pour eux une douche froide qui les a éloignés davantage des bureaux de votation. Les participants s’invectivaient, palabraient tous en même temps, ne parlaient pas de l’Europe, pratiquaient l’antisarkozysme à plein, ne montraient aucun respect pour le poste de président de la France pas plus qu’entre eux d’ailleurs. Seuls deux ou trois étaient calmes, dont Xavier Bertrand président de l’UMP et la socialiste Martine Aubry qui, malgré son attitude, trouva quand même le moyen de traiter le président Sarkozy de menteur. Le tout culmina sur des échanges de bas niveau, de ruelle, entre François Bayrou, chef du Mouvement Démocrate, et Daniel Cohn-Bendit, leader du groupe Europe Écologie. Peut-on vraiment être surpris que les jeunes français ne s’intéressent pas à la politique lorsqu’ils voient leurs ainés agir de la sorte à la télé, en couleurs et en HD ?
Le grand gagnant fut l’UMP, le parti sarkozien, avec 28%. La surprise fut la montée d’Europe Écologie qui arriva à égalité avec le parti socialiste à 16 % alors que le Modem chuta à 8,5%. Comme ces élections sont à la proportionnelle et à un tour de votation, les partis obtiennent chacun le nombre de députés européens en proportion de l’appui qu’ils ont gagné. Ainsi toutes les opinions sont représentées au parlement européen. C’est un système juste et équitable qui m’a rappelé l’élection des Progressistes-Conservateurs que j’organisai au Québec du temps de Robert Stanfield. Nous avions obtenu plus de 28% des suffrages mais fait élire que deux députés avec une pluralité de votes. Avec un système proportionnel, notre nombre aurait été de 21 députés et les Québécois qui avaient voté « bleu » auraient été représentés au parlement canadien. Mais ça c’est une autre histoire…
Le jour de l’élection, au marché du dimanche de mon village, j’ai rencontré, séparément, trois amis français qui venaient de voter. Je savais qu’ils étaient de bons socialistes. À ma grande surprise, les trois m’avouèrent la même chose, ils venaient de voter pour Europe Écologie. « Pourquoi ne pas avoir supporté votre parti, le parti socialiste ? » leur demandai-je. Leur réponse, fut presque similaire, « c’est un parti en déroute qui va s’effondrer et l’écologie est de prime importance en ce moment, surtout pour l’ensemble de l’Europe » en me précisant « mais nous sommes toujours socialistes ». Le soir, à l’annonce des résultats, je me suis rendu compte qu’ils n’étaient pas les seuls à penser ainsi.
La défaite importante du parti socialiste m’a remémoré la surprise que j’avais ressentie lors de l’élection de Martine Aubry comme premier secrétaire du parti socialiste. Je ne comprenais pas alors cette décision. La femme des 35 heures qui ont fait si mal à la France, revenait à la tête des affaires de son parti après avoir été la cause de la baisse en popularité du gouvernement Jospin, coûté à ce dernier la présidence et relégué le parti socialiste profondément dans l’opposition. Les Français n’ont pas oublié cette erreur magistrale et ne veulent pas de Martine Aubry. Hier soir, le parti s’est englué encore plus. Ce ne peut être plus clair. Elle doit démissionner et être remplacée immédiatement. Non pas par un autre membre de la vieille garde, « les éléphants » comme on les appelle, mais par un des nombreux brillants jeunes députés socialistes qui œuvrent dans ce parti. Il me semble que c’est la seule façon que la direction de ce parti puisse vraiment se rajeunir, se réorganiser et proposer des idées qui correspondent aux besoins des Français d’aujourd’hui. Contrairement aux « éléphants », ces nouveaux dirigeants seront écoutés et deviendront des pédagogues crédibles pour bien expliquer les nouvelles politiques socialistes aux Français.
Le parlement européen devient de plus en plus important car il participe davantage aux décisions de l’UE. Il vote des lois en codécision (avant il n’agissait que sur une base consultative seulement) avec le conseil de l’UE (composé des chefs de gouvernement ou des ministres), accorde ou retire sa confiance à la Commission (composée d’un commissaire par État-Membre), adopte le budget et contrôle son usage. Dans les domaines de l’environnement, du transport, de l’immigration clandestine, le parlement a le pouvoir d’agir. Il peut recevoir des pétitions d’européens. Il a un pouvoir de contrôle en politique étrangère et dans le domaine de la coopération policière et judiciaire. Le parlement est la base démocratique de l’UE et ses députés sont élus tous les 5 ans. Il est fort important. Que les Français, tout comme la majorité des Européens, ne s’intéressent pas davantage à ce corps politique qui touche de si près leur vie, me renverse. Par exemple, il vient d’adopter la politique climatique la plus audacieuse du monde.
Il est à espérer dans l’intérêt de tous, incluant les Nord-Américains, que les Français se réveillent, acceptent que le parlement européen soit aussi leur parlement et qu’ils s’en occupent.
Claude Dupras
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samedi 6 juin 2009
La mesure de Louise Harel
C’est une grosse nouvelle pour Montréal. Louise Harel, ex-membre du Rassemblement pour l’Indépendance Nationale, ex-députée d’Hochelaga pour le Parti Québécois durant 27 années, ex-ministre péquiste durant près de 9 ans qui, il y a à peine quelques mois, prenait sa retraite de la politique vient de décider de se lancer dans l’arène politique municipale en tant que candidate à la mairie.
Elle est devenue, en un tour de main, chef du parti Vision Montréal grâce à Benoit Labonté, chef démissionnaire, qui lui lègue la direction du parti. De plus, Labonté renonce à sa décision d’être candidat à la mairie et fera équipe avec Louise Harel qui lui a promis la présidence du comité exécutif, si elle gagne.
Ma première réaction à cette importante annonce fut positive puisque nous aurons enfin une vraie compétition pour la mairie de Montréal et que ce fait favorisera l’augmentation du taux d’électeurs qui se situe normalement en bas 40%. Je crois que plus de participation génère plus de démocratie et résulte dans une meilleure administration.
Louise Harel connaît bien tous les rouages de la politique québécoise. Elle a été, particulièrement, ministre des affaires municipales et ministre responsable de la Métropole. Elle est donc familière avec les lois, la gestion et les problèmes de Montréal. Louise Harel fut une politicienne compétente, intègre, sérieuse, têtue, autoritaire et aimée par les gens de son comté.
Je l’ai rencontrée la première fois lors de l’inauguration des travaux de construction du centre de recherches CRIQ à Montréal, où elle représentait le PM René Lévesque. Malgré que je fusse alors partisan d’un autre parti politique, ma firme avait obtenu ce mandat de génie conseil grâce aux nouvelles politiques mises en place par René Lévesque, par lesquelles il n’y avait plus de favoritisme dans le choix des professionnels. À ma grande surprise, le système établi m’avait permis d’être choisi. J’eus l’opportunité d’échanger quelques mots avec Louise Harel qui me demanda qui je représentais. Lorsque je lui annonçai que j’étais l’ingénieur du projet, elle s’empressa de me féliciter. Il était clair qu’elle ne savait absolument pas qui étaient les professionnels du projet. Quelle différence avec le passé, où les ministres et députés étaient toujours impliqués dans ce genre de décision et avaient leurs favoris. Nous vivions un temps nouveau et Louise Harel en était fière. C’est ce dont Montréal a besoin aujourd’hui, soit un système par lequel toutes les firmes ou entreprises ont une chance égale de décrocher un contrat de la ville sans connivence ni favoritisme.
J’ai aussi vu Louise Harel en action à Québec. Là, elle était toujours très sérieuse, bien préparée et constante dans ses idées. Aux comités de l’assemblée nationale, elle ne laissait rien passer, parlait très franchement et défendait bien ses dossiers ou son point de vue. Cependant, il y avait trop souvent un aspect désagréable à son approche. Ses remarques devenaient parfois acerbes, déplacées et moqueuses envers les députés des autres partis. Elle n’était pas la seule à agir ainsi mais Louise Harel démontrait davantage un fanatisme politique teinté par son option politique qui était l’indépendance du Québec, et qui était inutile au débat.
Louise Harel est une femme têtue et l’a démontré clairement lorsqu’en tant que ministre des affaires municipales elle a proposé la fusion d’un très grand nombre de municipalités au Québec, dont celles de la région de Montréal. Avant ce jour, Montréal allait bien et faisait de grandes choses. Il y avait certes des débats intenses au niveau de la Communauté Urbaine de Montréal. Mais cette dissension venait du fait que Montréal était majoritaire à la CUM et que les municipalités environnantes plus petites ne voulaient pas contribuer leur juste part au fardeau fiscal de la CUM malgré qu’elles bénéficiaient des avantages. Au lieu de s’attaquer à régler ces conflits, Louise Harel a décidé d’abolir la CUM et de fusionner les villes de l’île de Montréal en une grande ville.
Partout au Québec, où les fusions proposées faisaient disparaître des villes, leurs citoyens se levèrent et demandèrent au ministre Harel de tenir des référendums dans leurs municipalités respectives avant de voter le nouveau projet de loi à l’Assemblée Nationale. Louise Harel refusa. Les conseils de ces villes organisèrent alors eux-mêmes les référendums. Partout des majorités allant de 75% à 90% se prononcèrent contre la fusion. Autoritaire, Louise Harel refusa de reconnaître ces résultats. Elle fit adopter la loi et les fusions eurent lieu. Ce fut le début de dépenses incroyables, de mésententes, d’insatisfaction généralisée, etc..
Dans mon blog récent « un maire à notre mesure » j’ai énuméré les qualités que je crois nécessaires au prochain maire de Montréal. Plusieurs sont bien comblées par Louise Harel. Mais certaines ne le sont pas, dont celle de favoriser la consultation des citoyens. Louise Harel a démontré dans le passé qu’elle n’écoute pas et refuse la consultation populaire. Pour elle, si élue, elle va mener. C’est une façon de faire que je ne partage pas car si, par exemple, elle avait respectée les décisions des référendums sur les fusions, nous ne serions pas pris dans le merdier où nous sommes aujourd’hui.
Je ne diminue aucunement la responsabilité du PM actuel Jean Charest dans le mélimélo actuel de la Ville de Montréal car il a, lui aussi, contribué grandement à tous nos problèmes actuels en voulant, par la suite, régler les problèmes découlant des fusions en permettant les dé-fusions.
Ce sera une élection dont le résultat sera serré. Pour gagner, Louise Harel devra pouvoir faire taire les bruits que sa candidature génère déjà et qui semblent créer un début de polarisation de l’opinion publique. Il ne faut pas que cette élection soit une affaire de fédéralistes contre séparatistes, anglophones contre francophones, riches contre pauvres, etc… L’intérêt supérieur de Montréal demande que le prochain maire soit le maire de tous les Montréalais et de toutes les Montréalaises.
Louise Harel, pour être élue, devra convaincre les électeurs montréalais qu’elle va mettre de côté ses penchants politiques nationaux pour se dédier exclusivement à faire de Montréal une ville où il fait bon vivre pour tous les Montréalais et Montréalaises. En est-elle capable ?
Quant au maire Gérald Tremblay et son parti, ils ont maintenant devant eux une opposition valable. Malheureusement, Tremblay arrive en campagne électorale entaché d’éclaboussures qu’il dit ne pas mériter. Il est vrai qu’il a toujours été reconnu comme un homme d’une honnêteté et d’une intégrité totales. Il a travaillé ardemment pour la ville, mais, pour remporter la victoire, il devra démontrer, sans aucun doute, à la population montréalaise qu’il est la victime innocente des scandales qui l’affectent et comment il va mettre de l’ordre dans son équipe pour l’avenir.
Je leur souhaite bonne chance.
Claude Dupras
Elle est devenue, en un tour de main, chef du parti Vision Montréal grâce à Benoit Labonté, chef démissionnaire, qui lui lègue la direction du parti. De plus, Labonté renonce à sa décision d’être candidat à la mairie et fera équipe avec Louise Harel qui lui a promis la présidence du comité exécutif, si elle gagne.
Ma première réaction à cette importante annonce fut positive puisque nous aurons enfin une vraie compétition pour la mairie de Montréal et que ce fait favorisera l’augmentation du taux d’électeurs qui se situe normalement en bas 40%. Je crois que plus de participation génère plus de démocratie et résulte dans une meilleure administration.
Louise Harel connaît bien tous les rouages de la politique québécoise. Elle a été, particulièrement, ministre des affaires municipales et ministre responsable de la Métropole. Elle est donc familière avec les lois, la gestion et les problèmes de Montréal. Louise Harel fut une politicienne compétente, intègre, sérieuse, têtue, autoritaire et aimée par les gens de son comté.
Je l’ai rencontrée la première fois lors de l’inauguration des travaux de construction du centre de recherches CRIQ à Montréal, où elle représentait le PM René Lévesque. Malgré que je fusse alors partisan d’un autre parti politique, ma firme avait obtenu ce mandat de génie conseil grâce aux nouvelles politiques mises en place par René Lévesque, par lesquelles il n’y avait plus de favoritisme dans le choix des professionnels. À ma grande surprise, le système établi m’avait permis d’être choisi. J’eus l’opportunité d’échanger quelques mots avec Louise Harel qui me demanda qui je représentais. Lorsque je lui annonçai que j’étais l’ingénieur du projet, elle s’empressa de me féliciter. Il était clair qu’elle ne savait absolument pas qui étaient les professionnels du projet. Quelle différence avec le passé, où les ministres et députés étaient toujours impliqués dans ce genre de décision et avaient leurs favoris. Nous vivions un temps nouveau et Louise Harel en était fière. C’est ce dont Montréal a besoin aujourd’hui, soit un système par lequel toutes les firmes ou entreprises ont une chance égale de décrocher un contrat de la ville sans connivence ni favoritisme.
J’ai aussi vu Louise Harel en action à Québec. Là, elle était toujours très sérieuse, bien préparée et constante dans ses idées. Aux comités de l’assemblée nationale, elle ne laissait rien passer, parlait très franchement et défendait bien ses dossiers ou son point de vue. Cependant, il y avait trop souvent un aspect désagréable à son approche. Ses remarques devenaient parfois acerbes, déplacées et moqueuses envers les députés des autres partis. Elle n’était pas la seule à agir ainsi mais Louise Harel démontrait davantage un fanatisme politique teinté par son option politique qui était l’indépendance du Québec, et qui était inutile au débat.
Louise Harel est une femme têtue et l’a démontré clairement lorsqu’en tant que ministre des affaires municipales elle a proposé la fusion d’un très grand nombre de municipalités au Québec, dont celles de la région de Montréal. Avant ce jour, Montréal allait bien et faisait de grandes choses. Il y avait certes des débats intenses au niveau de la Communauté Urbaine de Montréal. Mais cette dissension venait du fait que Montréal était majoritaire à la CUM et que les municipalités environnantes plus petites ne voulaient pas contribuer leur juste part au fardeau fiscal de la CUM malgré qu’elles bénéficiaient des avantages. Au lieu de s’attaquer à régler ces conflits, Louise Harel a décidé d’abolir la CUM et de fusionner les villes de l’île de Montréal en une grande ville.
Partout au Québec, où les fusions proposées faisaient disparaître des villes, leurs citoyens se levèrent et demandèrent au ministre Harel de tenir des référendums dans leurs municipalités respectives avant de voter le nouveau projet de loi à l’Assemblée Nationale. Louise Harel refusa. Les conseils de ces villes organisèrent alors eux-mêmes les référendums. Partout des majorités allant de 75% à 90% se prononcèrent contre la fusion. Autoritaire, Louise Harel refusa de reconnaître ces résultats. Elle fit adopter la loi et les fusions eurent lieu. Ce fut le début de dépenses incroyables, de mésententes, d’insatisfaction généralisée, etc..
Dans mon blog récent « un maire à notre mesure » j’ai énuméré les qualités que je crois nécessaires au prochain maire de Montréal. Plusieurs sont bien comblées par Louise Harel. Mais certaines ne le sont pas, dont celle de favoriser la consultation des citoyens. Louise Harel a démontré dans le passé qu’elle n’écoute pas et refuse la consultation populaire. Pour elle, si élue, elle va mener. C’est une façon de faire que je ne partage pas car si, par exemple, elle avait respectée les décisions des référendums sur les fusions, nous ne serions pas pris dans le merdier où nous sommes aujourd’hui.
Je ne diminue aucunement la responsabilité du PM actuel Jean Charest dans le mélimélo actuel de la Ville de Montréal car il a, lui aussi, contribué grandement à tous nos problèmes actuels en voulant, par la suite, régler les problèmes découlant des fusions en permettant les dé-fusions.
Ce sera une élection dont le résultat sera serré. Pour gagner, Louise Harel devra pouvoir faire taire les bruits que sa candidature génère déjà et qui semblent créer un début de polarisation de l’opinion publique. Il ne faut pas que cette élection soit une affaire de fédéralistes contre séparatistes, anglophones contre francophones, riches contre pauvres, etc… L’intérêt supérieur de Montréal demande que le prochain maire soit le maire de tous les Montréalais et de toutes les Montréalaises.
Louise Harel, pour être élue, devra convaincre les électeurs montréalais qu’elle va mettre de côté ses penchants politiques nationaux pour se dédier exclusivement à faire de Montréal une ville où il fait bon vivre pour tous les Montréalais et Montréalaises. En est-elle capable ?
Quant au maire Gérald Tremblay et son parti, ils ont maintenant devant eux une opposition valable. Malheureusement, Tremblay arrive en campagne électorale entaché d’éclaboussures qu’il dit ne pas mériter. Il est vrai qu’il a toujours été reconnu comme un homme d’une honnêteté et d’une intégrité totales. Il a travaillé ardemment pour la ville, mais, pour remporter la victoire, il devra démontrer, sans aucun doute, à la population montréalaise qu’il est la victime innocente des scandales qui l’affectent et comment il va mettre de l’ordre dans son équipe pour l’avenir.
Je leur souhaite bonne chance.
Claude Dupras
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