Le 17 février 2011, l’ingénieur Jean-Pierre Ledoux est décédé à l’hôpital Général de Montréal.
Diplômé en génie de l’université McGill, Jean-Pierre Ledoux eut une belle et longue carrière professionnelle. Il participa à la création de la firme d’ingénieurs-conseils Dupras Ledoux Ingénieurs, en 1971, et devint président de la filiale Ginter Inc. une entreprise pionnière de la gérance de construction par les ingénieurs conseils au Québec.
Parmi les projets auxquels il participa, on retrouve le Musée Canadien des Civilisations à Hull, l’Hôpital Ste-Eustache, l’Hôtel de ville de Ste-Thérèse, les pavillons de l’Ontario et du Canada à l’Expo67, le village olympique de la 21e olympiade de Montréal, le Grand théâtre de Québec, le complexe G du gouvernement québécois à Québec, le palais de Justice de Montréal, le siège social du Journal de Montréal, l’édifice administratif de Bell Canada (rue Jean Talon), le siège social de Bell Canada, la rénovation complète du siège social de l’Hydro-Québec, le siège social de Télévision Quatre-Saisons, celui de CFCF canal 12 et de CF cableTV, l’hôpital Champlain de Verdun, la maison-mère des Soeurs grises de Montréal et plusieurs autres.
La qualité du travail de sa firme fut reconnue par les hautes instances canadiennes et québécoises du génie-conseil et par le Gouverneur général du Canada. Jean-Pierre Ledoux et ses associés reçurent des mains du Gouverneur un premier prix d’excellence en génie conseil pour un projet de récupération d’énergie à l’usine de production d’électricité des Iles-de-la-Madeleine et, quelques années plus tard, le grand prix Ed Schreyer pour le meilleur projet de génie au Canada.
Ingénieur dans l’âme et entièrement dédié à sa profession, Jean Pierre Ledoux était animé du désir de bien servir ses clients qui le lui rendaient bien en lui renouvelant leur confiance. Il a toujours agi avec dévouement, respect et éthique en conformité avec les règles morales du code de déontologie de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Fier du personnel de la firme et de son travail, il n’hésitait jamais à lui donner les crédits qu’il méritait.
Amateur invétéré de football, il a agi, jadis, dans ses temps libres et avant la venue de la télévision, pour les Alouettes de Montréal comme analyste du jeu défensif des deux clubs lors des matchs.
Jean-Pierre Ledoux était un gentilhomme, intelligent, jovial, généreux, juste, ouvert et d’une probité absolue. Il savait faire la part des choses. Ses associés, ses clients, ses nombreux amis et les entrepreneurs en construction avec qui il a œuvré l’ont toujours grandement apprécié.
Claude Dupras
lundi 28 février 2011
Hommage à l’ingénieur Jean-Pierre Ledoux, mon associé depuis 40 ans, inhumé ce matin
samedi 26 février 2011
Lucien Bouchard, bon ou pas bon ?
L’ex-premier ministre du Québec, l’avocat Lucien Bouchard, a accepté le poste de président de l’Association pétrolière et gazière du Québec au moment où les Québécois et Québécoises ont vraiment peur des conséquences de l’exploitation du gaz de schiste et s’y opposent majoritairement.
Bouchard a été avocat en droit du travail pendant 22 ans avant d’entreprendre une carrière politique. Il a été le principal penseur qui a mis dans la bouche de Brian Mulroney, son grand ami d’université, les mots qui ont permis à ce dernier de remporter la presque totalité des comtés au Québec et d’être propulsé au poste de PM du Canada, avec son Parti Progressiste-Conservateur (PPC).
Devenu ministre à Ottawa, Bouchard jugea que les principes et les objectifs de l’Accord du Lac Meech (pour réintégrer le Québec dans la constitution canadienne) devenaient trop dilués. Il quitta son poste pour créer le Bloc Québécois (BQ), un parti politique fédéral dédié à la séparation du Québec. À l’élection qui suivit, le BQ gagna suffisamment de sièges pour permettre à Bouchard de devenir chef de l’opposition à la Chambre des communes devant le nouveau PM Jean Chrétien. Du jamais vu !
En 1995, la campagne référendaire au Québec dirigée par le PM Jacques Parizeau, n’allait nulle part. Bouchard en prit le contrôle et devint, en un rien de temps, le vrai leader séparatiste (le mot est de lui). Tribun extraordinaire, il remplissait salle après salle grâce à son discours d’une logique implacable. À son grand désappointement et à ceux de ses fidèles, au soir du vote, l’option séparatiste du OUI ne perdit que par quelques centiles. Devant cette performance magistrale et l’admiration passionnée que lui témoignaient les Québécois, Parizeau se retira et Bouchard devint chef du Parti Québécois et fut assermenté premier ministre et dûment élu à l’élection qui suivit.
Il a gouverné le Québec d’une main de fer. Son projet de fusion des municipalités au Québec a créé un brouhaha indescriptible. La presque totalité des municipalités visées tinrent des référendums et le NON l’emportait partout par des majorités dépassant les 90%. Nonobstant cette expression démocratique, Bouchard imposa quand même la fusion. Par la suite, son successeur Jean Charest se senti obligé de permettre la dé-fusion, ce qui ajouta à la confusion. Une autre erreur!
Par ailleurs, afin de répondre aux exigences des financiers de Wall street, Bouchard décida de forcer à la retraite des milliers de professionnels des hôpitaux (chirurgiens, spécialistes, médecins et infirmières) afin de diminuer les dépenses de l’État. Les plus expérimentés quittèrent leurs taches. Depuis, les patients sont moins bien traités et les hôpitaux peinent à répondre adéquatement à la demande des citoyens malades. Un vrai scandale !
Lucien Bouchard vient d’expliquer sa position sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Évidemment, il n’est pas favorable à l’idée d’un moratoire puisqu’il représente l’industrie qui veut développer cette ressource. Plusieurs de ses arguments sont bons, logiques mais incomplets. Il affirme que le Québec doit se baser sur les conclusions du prochain rapport du Bureau d’Audience Publique sur l’Environnement (BAPE). Or le mandat du BAPE n’était pas suffisamment large pour vraiment étudier cette question difficile. Il n’a pas fait « une véritable évaluation environnementale stratégique (EES), visant à intégrer les facteurs environnementaux à l’élaboration de politiques, de plans et de programmes publics » comme le proposa l’Ordre des Ingénieurs du Québec.
Bouchard se trompe face à la vive réaction des Québécois. Ce ne sont pas des mots qui viendront à bout de leur perception négative du projet. Un arrêt de l’exploration est justifié pour calmer les esprits et permettre à tout le monde de reprendre son souffle. Je crois qu’un moratoire d’une année pourrait suffire pour permettre à Bouchard et cie de revenir expliquer le projet afin qu’ensemble nous réexaminions cette question qui peut s’avérer très importante pour l’avenir économique du Québec.
Puis, il y a la question de la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la construction. Bouchard a une bonne expérience dans le domaine puisqu’il était procureur de la dernière commission d’enquête tenue il y a près de 40 ans. Après avoir dit qu’il s’opposait à une telle enquête parce que « les témoins deviennent coupables dès lors qu’ils sont vus à la télévision en train de témoigner à une telle commission d’enquête » voilà maintenant qu’il affirme « Moi, aujourd’hui, je la ferais parce que le gouvernement paie un prix énorme pour ne pas la faire et qu’il faut assainir les perceptions ». En somme, il accepte que le Québec dépenses des centaines de millions de dollars pour salir des gens innocents, pour assainir les perceptions, sauver le gouvernement… Non, cet argument n’est pas sérieux, d’autant plus qu’une nouvelle escouade permanente anticorruption vient d’être mise sur pied par le gouvernement et qu’elle pourra faire le travail plus efficacement. Ce n’est que de la petite politique et Bouchard le sait, car il affirme, en conclusion, « …malgré qu’il n’est pas certain que les coupables seront dénichés avec une commission d’enquête ».
J’ai été souventes fois en désaccord avec Lucien Bouchard. Tout particulièrement en rapport avec ses prétextes pour quitter le PPC, ses arguments pour créer un parti séparatiste à Ottawa (Bloc Québécois) qui a enlevé aux Québécois le pouvoir qu’ils avaient sur la scène fédérale, la fusion des municipalités qui a créé la désorganisation qui règne aujourd’hui à Montréal, la mise à pied du personnel professionnel des hôpitaux qui nuit encore à la qualité des soins aux Québécois. Et aujourd’hui, je m’oppose à son refus d’un moratoire sur la question du gaz de schiste et à son accord, que je qualifierais d’opportuniste, à la tenue d’une commission d’enquête sur la construction.
Malgré ces différents, j’admire Lucien Bouchard. C’est un Québécois hors de l’ordinaire. C’est un homme de conviction, sérieux, intelligent, convaincant, engagé, honnête qui aime le Québec et qui sait l’expliquer à ses compatriotes. Il est un homme qui a survécu à une maladie grave et qui a su relever la tête et continuer comme si rien n’était. Il a été un vrai homme politique qui garde ses convictions. C’est un bon homme.
Claude Dupras
Ps. Aujourd’hui, les « purs et durs » séparatistes le dénigrent à qui mieux mieux. Ils l’accusent d’avoir « botché » le référendum de 1995, donc d’être le responsable de la défaite. Ils ne l’aiment pas parce que comme d’autres personnages sérieux qui connaissent bien la situation politique québécoise, tel l’ex-ministre péquiste François Legault, Lucien Bouchard affirme qu’un nouveau référendum n’est pas gagnable à ce moment-ci. Ces « purs et durs » irréalistes seraient mieux de se regarder dans le miroir avant de critiquer les autres. N’est-ce pas eux qui viennent d’organiser, le 19 février dernier, une manifestation devant le parlement de Québec pour exiger le départ de Jean Charest ? Elle devait être extraordinaire et répercutante mais elle n’a attiré que 45 personnes. Cette manifestation manquée est devenue le plus grand « flop » organisé par des séparatistes, indépendantistes ou souverainistes depuis que l’on parle de séparation au Québec.
Bouchard a été avocat en droit du travail pendant 22 ans avant d’entreprendre une carrière politique. Il a été le principal penseur qui a mis dans la bouche de Brian Mulroney, son grand ami d’université, les mots qui ont permis à ce dernier de remporter la presque totalité des comtés au Québec et d’être propulsé au poste de PM du Canada, avec son Parti Progressiste-Conservateur (PPC).
Devenu ministre à Ottawa, Bouchard jugea que les principes et les objectifs de l’Accord du Lac Meech (pour réintégrer le Québec dans la constitution canadienne) devenaient trop dilués. Il quitta son poste pour créer le Bloc Québécois (BQ), un parti politique fédéral dédié à la séparation du Québec. À l’élection qui suivit, le BQ gagna suffisamment de sièges pour permettre à Bouchard de devenir chef de l’opposition à la Chambre des communes devant le nouveau PM Jean Chrétien. Du jamais vu !
En 1995, la campagne référendaire au Québec dirigée par le PM Jacques Parizeau, n’allait nulle part. Bouchard en prit le contrôle et devint, en un rien de temps, le vrai leader séparatiste (le mot est de lui). Tribun extraordinaire, il remplissait salle après salle grâce à son discours d’une logique implacable. À son grand désappointement et à ceux de ses fidèles, au soir du vote, l’option séparatiste du OUI ne perdit que par quelques centiles. Devant cette performance magistrale et l’admiration passionnée que lui témoignaient les Québécois, Parizeau se retira et Bouchard devint chef du Parti Québécois et fut assermenté premier ministre et dûment élu à l’élection qui suivit.
Il a gouverné le Québec d’une main de fer. Son projet de fusion des municipalités au Québec a créé un brouhaha indescriptible. La presque totalité des municipalités visées tinrent des référendums et le NON l’emportait partout par des majorités dépassant les 90%. Nonobstant cette expression démocratique, Bouchard imposa quand même la fusion. Par la suite, son successeur Jean Charest se senti obligé de permettre la dé-fusion, ce qui ajouta à la confusion. Une autre erreur!
Par ailleurs, afin de répondre aux exigences des financiers de Wall street, Bouchard décida de forcer à la retraite des milliers de professionnels des hôpitaux (chirurgiens, spécialistes, médecins et infirmières) afin de diminuer les dépenses de l’État. Les plus expérimentés quittèrent leurs taches. Depuis, les patients sont moins bien traités et les hôpitaux peinent à répondre adéquatement à la demande des citoyens malades. Un vrai scandale !
Lucien Bouchard vient d’expliquer sa position sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Évidemment, il n’est pas favorable à l’idée d’un moratoire puisqu’il représente l’industrie qui veut développer cette ressource. Plusieurs de ses arguments sont bons, logiques mais incomplets. Il affirme que le Québec doit se baser sur les conclusions du prochain rapport du Bureau d’Audience Publique sur l’Environnement (BAPE). Or le mandat du BAPE n’était pas suffisamment large pour vraiment étudier cette question difficile. Il n’a pas fait « une véritable évaluation environnementale stratégique (EES), visant à intégrer les facteurs environnementaux à l’élaboration de politiques, de plans et de programmes publics » comme le proposa l’Ordre des Ingénieurs du Québec.
Bouchard se trompe face à la vive réaction des Québécois. Ce ne sont pas des mots qui viendront à bout de leur perception négative du projet. Un arrêt de l’exploration est justifié pour calmer les esprits et permettre à tout le monde de reprendre son souffle. Je crois qu’un moratoire d’une année pourrait suffire pour permettre à Bouchard et cie de revenir expliquer le projet afin qu’ensemble nous réexaminions cette question qui peut s’avérer très importante pour l’avenir économique du Québec.
Puis, il y a la question de la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la construction. Bouchard a une bonne expérience dans le domaine puisqu’il était procureur de la dernière commission d’enquête tenue il y a près de 40 ans. Après avoir dit qu’il s’opposait à une telle enquête parce que « les témoins deviennent coupables dès lors qu’ils sont vus à la télévision en train de témoigner à une telle commission d’enquête » voilà maintenant qu’il affirme « Moi, aujourd’hui, je la ferais parce que le gouvernement paie un prix énorme pour ne pas la faire et qu’il faut assainir les perceptions ». En somme, il accepte que le Québec dépenses des centaines de millions de dollars pour salir des gens innocents, pour assainir les perceptions, sauver le gouvernement… Non, cet argument n’est pas sérieux, d’autant plus qu’une nouvelle escouade permanente anticorruption vient d’être mise sur pied par le gouvernement et qu’elle pourra faire le travail plus efficacement. Ce n’est que de la petite politique et Bouchard le sait, car il affirme, en conclusion, « …malgré qu’il n’est pas certain que les coupables seront dénichés avec une commission d’enquête ».
J’ai été souventes fois en désaccord avec Lucien Bouchard. Tout particulièrement en rapport avec ses prétextes pour quitter le PPC, ses arguments pour créer un parti séparatiste à Ottawa (Bloc Québécois) qui a enlevé aux Québécois le pouvoir qu’ils avaient sur la scène fédérale, la fusion des municipalités qui a créé la désorganisation qui règne aujourd’hui à Montréal, la mise à pied du personnel professionnel des hôpitaux qui nuit encore à la qualité des soins aux Québécois. Et aujourd’hui, je m’oppose à son refus d’un moratoire sur la question du gaz de schiste et à son accord, que je qualifierais d’opportuniste, à la tenue d’une commission d’enquête sur la construction.
Malgré ces différents, j’admire Lucien Bouchard. C’est un Québécois hors de l’ordinaire. C’est un homme de conviction, sérieux, intelligent, convaincant, engagé, honnête qui aime le Québec et qui sait l’expliquer à ses compatriotes. Il est un homme qui a survécu à une maladie grave et qui a su relever la tête et continuer comme si rien n’était. Il a été un vrai homme politique qui garde ses convictions. C’est un bon homme.
Claude Dupras
Ps. Aujourd’hui, les « purs et durs » séparatistes le dénigrent à qui mieux mieux. Ils l’accusent d’avoir « botché » le référendum de 1995, donc d’être le responsable de la défaite. Ils ne l’aiment pas parce que comme d’autres personnages sérieux qui connaissent bien la situation politique québécoise, tel l’ex-ministre péquiste François Legault, Lucien Bouchard affirme qu’un nouveau référendum n’est pas gagnable à ce moment-ci. Ces « purs et durs » irréalistes seraient mieux de se regarder dans le miroir avant de critiquer les autres. N’est-ce pas eux qui viennent d’organiser, le 19 février dernier, une manifestation devant le parlement de Québec pour exiger le départ de Jean Charest ? Elle devait être extraordinaire et répercutante mais elle n’a attiré que 45 personnes. Cette manifestation manquée est devenue le plus grand « flop » organisé par des séparatistes, indépendantistes ou souverainistes depuis que l’on parle de séparation au Québec.
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lundi 21 février 2011
Ça fera, la mauvaise information par les artistes….
Roy Dupuis est un acteur québécois qui joue dans des films internationaux. Il a un talent unique et est parmi les meilleurs comédiens que nous avons au Québec.
Bel homme, simple, humble, à la voix grave, il sait enchanter et convaincre. Et les écologistes le savent et le recrutent pour être leur porte-parole. À la dernière émission télévisée de la très populaire « tout le monde en parle », Dupuis a abordé le sujet de la construction des centrales hydroélectriques sur la rivière « La Romaine » dont la réalisation par Hydro-Québec se terminera en 2020.
C’est un immense projet qui générera 1 550 mégawatts (MW) qui viendront s’ajouter au 36 810 MW actuels. Avec ses 60 centrales hydroélectriques et une centrale nucléaire, Hydro Québec est le quatrième plus grand producteur mondial d'hydroélectricité. Cette production d’une énergie propre, fiable et renouvelable fait l’envie du monde. L’Hydro Québec est une société remarquable et la fierté des Québécois et Québécoises.
Or Dupuis est venu avec conviction raconter des conneries pour dénigrer ce projet et la compagnie Hydro Québec. Il parlait au nom d’un groupe qui se veut protecteur des rivières du Québec. Il n’a fait qu’affirmer des faussetés pour chercher à faire croire que le projet de « la Romaine » est indéfendable. Il n’en sait rien et il l’a admis lui-même lorsqu’il n’a pu répondre à une question précise. En fait, il a appris son rôle des gens qui l’ont engagé et répète par cœur leurs rengaines contre l’Hydro Québec.
Ce que je n’ai surtout pas apprécié parmi les déclarations inopportunes de Roy Dupuis, c’est celle avec laquelle il a affirmé que ce projet n’a pas été décidé dans l’intérêt des Québécois mais simplement pour satisfaire les entrepreneurs de construction, amis du régime. À l’écouter, on se penserait en vraie république de bananes. Le PM Charest aurait engagé 9,5 milliards $ pour n’aider que ses amis… quand même !
De plus, Roy Dupuis est l’animateur du film « Chercher le courant » sur « la Romaine ». Les applaudissements debout à la fin de chaque représentation, en font un succès assuré. L’animateur Guy A. Lepage, a prédit que les cinéphiles en sortiront avec une bien mauvaise opinion du projet et de l’Hydro. Le scénario s’axe sur cette grande et magnifique rivière sauvage du Québec, mais, à mon avis, les arguments pour convaincre les Québécois, que le projet de « la Romaine » est mauvais, ne tiennent pas la route.
Actuellement, le taux d’électricité est de 6,88¢ le kWh partout au Québec, le plus bas des pays industrialisés.
Suite à l’opportunité qu’a eue l’Hydro Québec d’obtenir pour le financement du projet, des taux d’intérêt plus bas qu’originalement prévus, le coût de l’électricité qui produira « la Romaine » a été revu et est maintenant fixé à 6,4¢ le KWh (en $ de 2015), et non 9,8¢ comme l’affirment toujours les opposants du projet.
L’électricité générée par les quatre centrales qui ont une vie de près de 100 ans est dédiée aux marchés américains qui sont actuellement de gros clients du Québec. Le prix de départ de la récente entente avec le Vermont est de 5,8 le kWh. Il évoluera en fonction du marché. Il est donc inexact d’affirmer, comme le font les opposants, que le prix est fixe pour 25 ans. De toute évidence, il dépassera éventuellement et rapidement celui du coût de production.
L’Hydro Québec favorise aussi la production d’électricité par d’autres sources, mais elle est coûteuse. Ainsi, l’éolien, une production intermittente d’électricité, coûte 13,3¢ le kWh, incluant le transport. Le solaire, aussi intermittent, coûte au moins 25¢ le kWh. La biomasse et le biogaz au Québec s’obtiennent aujourd’hui à 11,2 ¢ le kWh, incluant le transport, mais les projets sont petits.
Lorsque les adversaires du projet « La Romaine » proposent l’éolien ou une autre méthode de production d’électricité pour le remplacer, ils se moquent de l’intelligence des québécois.
Je suggère que Roy Dupuis et les artistes du Québec se concentrent sur leur métier d’acteur. Ainsi les vaches seront bien gardées…
Claude Dupras
Bel homme, simple, humble, à la voix grave, il sait enchanter et convaincre. Et les écologistes le savent et le recrutent pour être leur porte-parole. À la dernière émission télévisée de la très populaire « tout le monde en parle », Dupuis a abordé le sujet de la construction des centrales hydroélectriques sur la rivière « La Romaine » dont la réalisation par Hydro-Québec se terminera en 2020.
C’est un immense projet qui générera 1 550 mégawatts (MW) qui viendront s’ajouter au 36 810 MW actuels. Avec ses 60 centrales hydroélectriques et une centrale nucléaire, Hydro Québec est le quatrième plus grand producteur mondial d'hydroélectricité. Cette production d’une énergie propre, fiable et renouvelable fait l’envie du monde. L’Hydro Québec est une société remarquable et la fierté des Québécois et Québécoises.
Or Dupuis est venu avec conviction raconter des conneries pour dénigrer ce projet et la compagnie Hydro Québec. Il parlait au nom d’un groupe qui se veut protecteur des rivières du Québec. Il n’a fait qu’affirmer des faussetés pour chercher à faire croire que le projet de « la Romaine » est indéfendable. Il n’en sait rien et il l’a admis lui-même lorsqu’il n’a pu répondre à une question précise. En fait, il a appris son rôle des gens qui l’ont engagé et répète par cœur leurs rengaines contre l’Hydro Québec.
Ce que je n’ai surtout pas apprécié parmi les déclarations inopportunes de Roy Dupuis, c’est celle avec laquelle il a affirmé que ce projet n’a pas été décidé dans l’intérêt des Québécois mais simplement pour satisfaire les entrepreneurs de construction, amis du régime. À l’écouter, on se penserait en vraie république de bananes. Le PM Charest aurait engagé 9,5 milliards $ pour n’aider que ses amis… quand même !
De plus, Roy Dupuis est l’animateur du film « Chercher le courant » sur « la Romaine ». Les applaudissements debout à la fin de chaque représentation, en font un succès assuré. L’animateur Guy A. Lepage, a prédit que les cinéphiles en sortiront avec une bien mauvaise opinion du projet et de l’Hydro. Le scénario s’axe sur cette grande et magnifique rivière sauvage du Québec, mais, à mon avis, les arguments pour convaincre les Québécois, que le projet de « la Romaine » est mauvais, ne tiennent pas la route.
Actuellement, le taux d’électricité est de 6,88¢ le kWh partout au Québec, le plus bas des pays industrialisés.
Suite à l’opportunité qu’a eue l’Hydro Québec d’obtenir pour le financement du projet, des taux d’intérêt plus bas qu’originalement prévus, le coût de l’électricité qui produira « la Romaine » a été revu et est maintenant fixé à 6,4¢ le KWh (en $ de 2015), et non 9,8¢ comme l’affirment toujours les opposants du projet.
L’électricité générée par les quatre centrales qui ont une vie de près de 100 ans est dédiée aux marchés américains qui sont actuellement de gros clients du Québec. Le prix de départ de la récente entente avec le Vermont est de 5,8 le kWh. Il évoluera en fonction du marché. Il est donc inexact d’affirmer, comme le font les opposants, que le prix est fixe pour 25 ans. De toute évidence, il dépassera éventuellement et rapidement celui du coût de production.
L’Hydro Québec favorise aussi la production d’électricité par d’autres sources, mais elle est coûteuse. Ainsi, l’éolien, une production intermittente d’électricité, coûte 13,3¢ le kWh, incluant le transport. Le solaire, aussi intermittent, coûte au moins 25¢ le kWh. La biomasse et le biogaz au Québec s’obtiennent aujourd’hui à 11,2 ¢ le kWh, incluant le transport, mais les projets sont petits.
Lorsque les adversaires du projet « La Romaine » proposent l’éolien ou une autre méthode de production d’électricité pour le remplacer, ils se moquent de l’intelligence des québécois.
Je suggère que Roy Dupuis et les artistes du Québec se concentrent sur leur métier d’acteur. Ainsi les vaches seront bien gardées…
Claude Dupras
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vendredi 18 février 2011
Oui, à l’escouade permanente de lutte anticorruption !
Le gouvernement du Québec vient de proposer la structure d’une nouvelle « escouade permanente de lutte anticorruption ». C’est une très bonne idée. Une fois mise en place, j’ai la conviction que ce sera un moyen efficace pour arrêter la gangrène mafieuse qui ronge le milieu de la construction au Québec et qui coûte si cher aux contribuables.
Le 14 mai 2009, j’écrivais dans mon blog intitulé : Rien ne va plus, ce qui suit :
« Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple….
… Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures ».
Par après, devant le refus du PM Jean Charest de déclencher une telle commission d’enquête, je l’ai réclamée, comme tant d’autres par la suite, encore et plusieurs fois.
Aujourd’hui, enfin, nous sommes devant une proposition concrète inspirée de ce qui se fait à New York pour combattre efficacement la pègre, avec l’exception que cette escouade permanente ne sera pas sous la direction d’un commissaire autonome comme là-bas.
À mon avis, la commission d’enquête sur la construction tant réclamée au Québec n’est plus nécessaire. Elle aurait coûté au moins 200 millions de $ (la petite commission Bastarache n’a-t-elle pas coûté 5 millions $ ?), et aurait duré plusieurs années sans que nous soyons certains que les vrais coupables soient démasqués.
La nouvelle escouade permanente assimilera les effectifs de l’escouade policière ponctuelle « Marteau » qui agit actuellement et sera dirigée par un commissaire qui relèvera du ministre de la Sécurité publique et qui devra faire rapport à la population, aux trois mois, de l’évolution de ses dossiers. Son personnel sera composé en partie de fonctionnaires de plusieurs ministères reliés à la sécurité publique et au domaine de la construction.
Si en 2008-2009, lorsque les coûts des travaux de construction se sont enflammés, cette escouade avait existé, j’ai la conviction qu’aujourd’hui le problème serait réglé.
Il reste maintenant à l’opposition parlementaire de reconnaître le potentiel réel de la nouvelle escouade et de collaborer avec le gouvernement afin que la loi à être votée soit la meilleure possible. Par exemple, elle pourrait réclamer que le commissaire soit autonome au lieu de devoir répondre au ministre. Il me semble que le travail de cet Elliot Ness québécois serait ainsi plus efficace.
L’opposition devrait prendre le crédit de la formation de la nouvelle escouade car sans sa pression constante à exiger une commission d’enquête, la nouvelle escouade permanente de lutte anticorruption n’aurait pas été formée.
Si, par contre, l’opposition continue sa rengaine pour obtenir une commission d’enquête et dénigre les mérites de la formation de la nouvelle escouade, je crois que l’on pourra conclure qu’elle est de mauvaise foi et n’œuvre pas dans l’intérêt du Québec.
Claude Dupras
Le 14 mai 2009, j’écrivais dans mon blog intitulé : Rien ne va plus, ce qui suit :
« Rien ne va plus dans les coûts de construction à Montréal. Les dépassements des estimés prévus pour les grands projets d’infrastructures et de bâtiments importants sont incompréhensibles. Tout passe du simple au double quand ce n’est pas au triple….
… Que se passe-t-il ? Sommes-nous victimes de fraudeurs ? Les estimateurs sont-ils de complets ignorants ? Y-a-t-il une mafia qui s’est installée dans le domaine de la construction avec comme but de souffler les prix et les profits ? Ce ne sont pas les questions qui manquent…
Une vraie solution serait la mise sur pied par le gouvernement du Québec d’une commission d’enquête sur les coûts de construction. Il est urgent de bien comprendre ce qui se passe afin de faire les corrections nécessaires car le Québec va entreprendre dans les cinq prochaines années plus de 45 milliards $ de travaux d’infrastructures ».
Par après, devant le refus du PM Jean Charest de déclencher une telle commission d’enquête, je l’ai réclamée, comme tant d’autres par la suite, encore et plusieurs fois.
Aujourd’hui, enfin, nous sommes devant une proposition concrète inspirée de ce qui se fait à New York pour combattre efficacement la pègre, avec l’exception que cette escouade permanente ne sera pas sous la direction d’un commissaire autonome comme là-bas.
À mon avis, la commission d’enquête sur la construction tant réclamée au Québec n’est plus nécessaire. Elle aurait coûté au moins 200 millions de $ (la petite commission Bastarache n’a-t-elle pas coûté 5 millions $ ?), et aurait duré plusieurs années sans que nous soyons certains que les vrais coupables soient démasqués.
La nouvelle escouade permanente assimilera les effectifs de l’escouade policière ponctuelle « Marteau » qui agit actuellement et sera dirigée par un commissaire qui relèvera du ministre de la Sécurité publique et qui devra faire rapport à la population, aux trois mois, de l’évolution de ses dossiers. Son personnel sera composé en partie de fonctionnaires de plusieurs ministères reliés à la sécurité publique et au domaine de la construction.
Si en 2008-2009, lorsque les coûts des travaux de construction se sont enflammés, cette escouade avait existé, j’ai la conviction qu’aujourd’hui le problème serait réglé.
Il reste maintenant à l’opposition parlementaire de reconnaître le potentiel réel de la nouvelle escouade et de collaborer avec le gouvernement afin que la loi à être votée soit la meilleure possible. Par exemple, elle pourrait réclamer que le commissaire soit autonome au lieu de devoir répondre au ministre. Il me semble que le travail de cet Elliot Ness québécois serait ainsi plus efficace.
L’opposition devrait prendre le crédit de la formation de la nouvelle escouade car sans sa pression constante à exiger une commission d’enquête, la nouvelle escouade permanente de lutte anticorruption n’aurait pas été formée.
Si, par contre, l’opposition continue sa rengaine pour obtenir une commission d’enquête et dénigre les mérites de la formation de la nouvelle escouade, je crois que l’on pourra conclure qu’elle est de mauvaise foi et n’œuvre pas dans l’intérêt du Québec.
Claude Dupras
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samedi 12 février 2011
Allez, allez, jeunes Algériens, c’est à votre tour…
Quelle journée inoubliable que ce 11 février 2011 pour l’Égypte! Quelle journée, belle à vivre! Quelles journées que celles des révoltes tunisienne et égyptienne ! Enfin, enfin les arabes réagissent ! Du jamais vu.
Lorsqu’on visite les pays arabes, on s’interroge sur la raison de la soumission des arabes envers leur gouvernement. On les sait pris dans l’engrenage d’un pouvoir corrompu, armé et sans pitié qui utilise la peur pour les contenir. Mais on ne peux comprendre pourquoi ces peuples intelligents, d’une grande humanité, pratiquent la politique du laisser-faire comme s’ils n’avaient pas d’autres choix. Pourquoi acceptent-ils la pauvreté du peuple, la privation des libertés, la corruption des élites, l’État répressif ? Pourtant, ils connaissent par la télé et les médias, la qualité de vie des peuples occidentaux. Ils en rêvent au point qu’un très grand nombre d’entre eux ont réussi à émigrer avec leurs familles vers les pays démocratiques afin de vivre mieux et de s’échapper de leur enfer.
Mais cela ne durera pas éternellement car « il n’y a pas de fatalité de la dictature arabe ». Pas plus qu’en Amérique du sud, comme on a vu. L’évolution technologique, la télévision avec la chaîne arabe Al-Jazeerra et le développement de réseaux sociaux d’internet leur permettent, enfin, de se renseigner, de se rallier et de réagir. Les Tunisiens leur ont montré comment faire. Les Égyptiens viennent de leur démontrer que tout est possible. Les citoyens des autres pays arabes comprennent maintenant que la révolte n’est pas nécessairement un saut dans un inconnu périlleux.
Ces journées de révolte nous ont fait comprendre, à nous Occidentaux, que les arabes sont des gens comme nous. Je crois que nous ne les regarderons plus de la même manière que par le passé.
La révolte doit continuer ailleurs jusqu’à ce que tous les pays arabes aient un gouvernement démocratique. Le prochain éclatement peut être l’Algérie. Et c’est pourquoi, je fais appel à tous les Algériens, et particulièrement aux jeunes, pour qu’ils se lèvent et contestent leur gouvernement afin de le faire fuir, comme les autres. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, élu par des élections truquées, dirige son pays, de 35 millions d’individus, d’une main de fer grâce à l’armée et aux services de sécurité. En fait, ce sont les indélogeables généraux sans légitimité qui sont au pouvoir. Ils se partagent le butin et sont corrompus jusqu’à la moelle. Ils ont des intérêts dans toutes les grandes compagnies qui fournissent des services ou du matériel au pays. C’est le contraire de l’armée Égyptienne.
L’Algérie a beaucoup souffert de son passé. La guerre de libération a duré huit ans et s’est terminée en 1962 par l’indépendance, suite à des centaines de milliers de morts. Puis, ce fut l’échec total du socialisme totalitaire à la soviet choisi comme modèle de développement par Boumediene et le FLN. Ensuite, en 1991, l’armée annula les résultats de l’élection après que le Front Islamiste du Salut (FIS) l’eut gagnée démocratiquement, à cause de la pauvreté envahissante qui existait au pays à ce moment-là. La majorité des dirigeants du FIS ont été mis en prison. Les islamistes-vengeurs assassinèrent plus de 200,000 innocents algériens : hommes, femmes et enfants. Les services de sécurité ont été créés et la loi des mesures d’urgence a été appliquée. Vingt ans plus tard, ces derniers et l’armée gardent toujours une main de fer sur la vie des Algériens et Algériennes et la loi d’urgence est encore en force.
Il y a cinq ans, j’ai été victime de ce contrôle sécuritaire, lors d’un voyage en Algérie. Alors que je captais des photos de ce très pittoresque pays, une voiture non identifiée, arriva à pleine vitesse, s’arrêta à angle devant la nôtre et quatre individus en civil ouvrèrent rapidement les portes pour se lancer vers moi en courant et en exigeant mon permis de photographier. J’ignorais que cela était obligatoire. Ce n’est que grâce à l’intervention des Algériens qui étaient avec moi et à leur statut dans la société, que je m’en suis sorti. Et cela persiste toujours On comprend pourquoi il n’y a pas de touristes dans ce pays alors que les pays voisins, le Maroc et la Tunisie, en débordent même si l’Algérie est de beaucoup plus intéressante et spectaculaire.
Le 22 janvier dernier, une première manifestation contre le gouvernement eut lieu alors que 300 jeunes descendirent au centre d’Alger. Elle fut vite contrôlée sous prétexte qu’ils n’avaient pas de permis. Le bilan : sept morts, 32 personnes blessées, sept arrêtées. Ailleurs, deux Algériens s’immolèrent. Hier, lors du succès des Égyptiens, il fut défendu aux Algériens de manifester publiquement leur joie.
Aujourd’hui, le 12 février 2011, alors que j’écris ces lignes, une nouvelle manifestation est en marche dans la capitale malgré que le despote Bouteflika ait défendu toute manifestation à Alger (il dit permettre les manifestations dans les autres villes). Les premiers rapports de presse indiquent qu’ils sont seulement 200 à protester alors que 30 000 policiers sont déployés dans toute la ville avec leurs équipements, camions, canon-d’eau, etc. De toute évidence, les gens ont peur de l’armée et de la prison.
Si les Algériens veulent avoir leur place au soleil, ils devront sortir plus nombreux sur la place publique pour la réclamer. Surtout la jeunesse innombrable, pauvre, moins religieuse, mieux éduquée, plus nationaliste, sans emploi, désespérée quant à son avenir qui ne supporte pas la corruption et qui refuse l’autorité en place. Pour se faire, elle doit se mobiliser et se politiser. Avec internet, elle sait mieux que ses aînés comment s’informer et traduire les sentiments de chacun en un effort collectif. Cela exigera beaucoup de leadership et de courage.
J’espère aussi que la diaspora algérienne manifestera partout dans le monde pour faire pression sur les gouvernements comme le Canada et les encourager à dire à Bouteflika et ses comparses : « Dégagez ».
Claude Dupras
Lorsqu’on visite les pays arabes, on s’interroge sur la raison de la soumission des arabes envers leur gouvernement. On les sait pris dans l’engrenage d’un pouvoir corrompu, armé et sans pitié qui utilise la peur pour les contenir. Mais on ne peux comprendre pourquoi ces peuples intelligents, d’une grande humanité, pratiquent la politique du laisser-faire comme s’ils n’avaient pas d’autres choix. Pourquoi acceptent-ils la pauvreté du peuple, la privation des libertés, la corruption des élites, l’État répressif ? Pourtant, ils connaissent par la télé et les médias, la qualité de vie des peuples occidentaux. Ils en rêvent au point qu’un très grand nombre d’entre eux ont réussi à émigrer avec leurs familles vers les pays démocratiques afin de vivre mieux et de s’échapper de leur enfer.
Mais cela ne durera pas éternellement car « il n’y a pas de fatalité de la dictature arabe ». Pas plus qu’en Amérique du sud, comme on a vu. L’évolution technologique, la télévision avec la chaîne arabe Al-Jazeerra et le développement de réseaux sociaux d’internet leur permettent, enfin, de se renseigner, de se rallier et de réagir. Les Tunisiens leur ont montré comment faire. Les Égyptiens viennent de leur démontrer que tout est possible. Les citoyens des autres pays arabes comprennent maintenant que la révolte n’est pas nécessairement un saut dans un inconnu périlleux.
Ces journées de révolte nous ont fait comprendre, à nous Occidentaux, que les arabes sont des gens comme nous. Je crois que nous ne les regarderons plus de la même manière que par le passé.
La révolte doit continuer ailleurs jusqu’à ce que tous les pays arabes aient un gouvernement démocratique. Le prochain éclatement peut être l’Algérie. Et c’est pourquoi, je fais appel à tous les Algériens, et particulièrement aux jeunes, pour qu’ils se lèvent et contestent leur gouvernement afin de le faire fuir, comme les autres. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, élu par des élections truquées, dirige son pays, de 35 millions d’individus, d’une main de fer grâce à l’armée et aux services de sécurité. En fait, ce sont les indélogeables généraux sans légitimité qui sont au pouvoir. Ils se partagent le butin et sont corrompus jusqu’à la moelle. Ils ont des intérêts dans toutes les grandes compagnies qui fournissent des services ou du matériel au pays. C’est le contraire de l’armée Égyptienne.
L’Algérie a beaucoup souffert de son passé. La guerre de libération a duré huit ans et s’est terminée en 1962 par l’indépendance, suite à des centaines de milliers de morts. Puis, ce fut l’échec total du socialisme totalitaire à la soviet choisi comme modèle de développement par Boumediene et le FLN. Ensuite, en 1991, l’armée annula les résultats de l’élection après que le Front Islamiste du Salut (FIS) l’eut gagnée démocratiquement, à cause de la pauvreté envahissante qui existait au pays à ce moment-là. La majorité des dirigeants du FIS ont été mis en prison. Les islamistes-vengeurs assassinèrent plus de 200,000 innocents algériens : hommes, femmes et enfants. Les services de sécurité ont été créés et la loi des mesures d’urgence a été appliquée. Vingt ans plus tard, ces derniers et l’armée gardent toujours une main de fer sur la vie des Algériens et Algériennes et la loi d’urgence est encore en force.
Il y a cinq ans, j’ai été victime de ce contrôle sécuritaire, lors d’un voyage en Algérie. Alors que je captais des photos de ce très pittoresque pays, une voiture non identifiée, arriva à pleine vitesse, s’arrêta à angle devant la nôtre et quatre individus en civil ouvrèrent rapidement les portes pour se lancer vers moi en courant et en exigeant mon permis de photographier. J’ignorais que cela était obligatoire. Ce n’est que grâce à l’intervention des Algériens qui étaient avec moi et à leur statut dans la société, que je m’en suis sorti. Et cela persiste toujours On comprend pourquoi il n’y a pas de touristes dans ce pays alors que les pays voisins, le Maroc et la Tunisie, en débordent même si l’Algérie est de beaucoup plus intéressante et spectaculaire.
Le 22 janvier dernier, une première manifestation contre le gouvernement eut lieu alors que 300 jeunes descendirent au centre d’Alger. Elle fut vite contrôlée sous prétexte qu’ils n’avaient pas de permis. Le bilan : sept morts, 32 personnes blessées, sept arrêtées. Ailleurs, deux Algériens s’immolèrent. Hier, lors du succès des Égyptiens, il fut défendu aux Algériens de manifester publiquement leur joie.
Aujourd’hui, le 12 février 2011, alors que j’écris ces lignes, une nouvelle manifestation est en marche dans la capitale malgré que le despote Bouteflika ait défendu toute manifestation à Alger (il dit permettre les manifestations dans les autres villes). Les premiers rapports de presse indiquent qu’ils sont seulement 200 à protester alors que 30 000 policiers sont déployés dans toute la ville avec leurs équipements, camions, canon-d’eau, etc. De toute évidence, les gens ont peur de l’armée et de la prison.
Si les Algériens veulent avoir leur place au soleil, ils devront sortir plus nombreux sur la place publique pour la réclamer. Surtout la jeunesse innombrable, pauvre, moins religieuse, mieux éduquée, plus nationaliste, sans emploi, désespérée quant à son avenir qui ne supporte pas la corruption et qui refuse l’autorité en place. Pour se faire, elle doit se mobiliser et se politiser. Avec internet, elle sait mieux que ses aînés comment s’informer et traduire les sentiments de chacun en un effort collectif. Cela exigera beaucoup de leadership et de courage.
J’espère aussi que la diaspora algérienne manifestera partout dans le monde pour faire pression sur les gouvernements comme le Canada et les encourager à dire à Bouteflika et ses comparses : « Dégagez ».
Claude Dupras
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