Depuis la
venue de Pierre Karl Péladeau (PKP) en politique québécoise, la qualité des
débats et des expressions d’opinions s’est accélérée mais plus souvent
qu’autrement dans la mauvaise direction.
PKP, devenu,
en peu de temps, le chef du parti Québécois a généré une avalanche d’opinions
de toutes sortes.
Pour les
séparatistes endurcis, il est celui auquel « le peuple québécois ne pourra
résister à l’attrait », celui que ce dernier « attend depuis longtemps », un « winner », celui qui « modifie
la donne politique », celui dont l’« image est si forte et si profondément enracinée » que les
fédéralistes « ne parviendront
qu’à l’égratigner légèrement ». Il est le nouveau « seigneur », « une légende » vivante, en somme le
nouveau Messie. Ils sont hypnotisés par le fait que PKP est riche,
milliardaire, et pour eux cela en fait une être supérieur, un leader naturel de
la nation, l’homme qui va amener les québécois vers la terre promise. Ses dures
positions passées contre les syndicats pour favoriser son conglomérat
d’affaires sont amoindries et toutes deviennent des actions faites dans le
meilleur intérêt de la nation.
Et si un
péquiste émet une opinion sur la possibilité que PKP se retrouve, comme chef
politique, en conflit d’intérêt en raison de sa propriété de médias importants,
il est aussitôt qualifié de « sournois »
comme l’a été l’ex-ministre péquiste Jean-François Lisée.
Pour ces
séparatistes qui recherchent une nouvelle espérance de référendum, PKP représente
« le plus grand espoir depuis les
années 1960-70 », soit depuis le début de la révolution tranquille. Ce
n’est pas peu dire si on pense à Lesage,
Lévesque, Parizeau, Bouchard… Tant qu’à beurrer, beurrons !
Ces
qualificatifs exagérés sont aussi souvent méchants comme l’ont constaté, lors
de la course à la chefferie du PQ, les adversaires de PKP : Bernard Drainville, ex-journaliste et ex-ministre du gouvernement
Marois; Martine Ouellet, ingénieure et ex-ministre
des Ressources naturelles ; Alexandre
Cloutier, avocat constitutionnel et ex-ministre aux Affaires
intergouvernementales canadiennes et Pierre Céré, journaliste. Ces quatre
candidats, bien éduqués et appréciés par beaucoup de Québécois, avaient tous
rempli avec succès des tâches importantes dans leur vie.
Pourtant, les purs et durs du site internet Vigile, qui avaient pris
ouvertement position pour PKP et devenus son principal appui, les ont qualifiés
de « petits ambitieux, rêveurs,
utopistes » qui risquent « de
démolir leur crédibilité et leur carrière politique s’ils persistaient à
vouloir affronter PKP ». Ils ajoutaient : « l’indépendance ne pouvait pas être confiée à des amateurs, des
fantaisistes, des illusionnistes, des carriéristes ou des chauffards ».
« Ils font le jeu des fédéralistes… ».
« D’autres plaident la
nécessité d’un débat sur les orientations du parti, autant de prétextes cousus
de fil blanc pour masquer des ambitions carriéristes mesquines et des postures
idéologiques revanchardes… »
« Tout à leurs petits calculs
personnels, ces aspirants ne voient pas ce que représente la candidature PKP
dans l’imaginaire collectif des Québécois ». « Ils sont des aspirants très
déconnectés de la réalité… qui tentent de
forcer leur chance en insistant sur la tenue d’une course au leadership dont il
est assuré qu’ils vont faire les frais ».
« S’ils ont deux sous de
jugeote, ils vont s’effacer et
lui (PKP) donner gracieusement la place ». « Quelques soient leurs mérites personnels, et ils en ont, ils ne sont
pas de taille à se mesurer contre lui… ».
Puis, pour ajouter la crème sur le gâteau, ils ont émis leur argument
marteau : « PKP s’impose comme
l’homme de la Providence ». Merci, mon Dieu !
La direction de Vigile en
utilisant un ton aussi arrogant envers les aspirants au leadership péquiste et
en les insultant, n’a fait qu’alimenter les braises de la discorde dans le
parti Québécois. A nouveau enflammée, elle s’est traduite par l’amplification
d’une attitude radicale et intolérante d’une frange de péquistes envers ceux
qui ne pensent pas comme elle. En somme, cette dernière agit comme si elle
seule a raison et que le temps est venu de se soumettre et de suivre sans mot
dire. Elle ne tolère ni le doute, ni la dissidence et encore moins les
questions.
C’est ce que dénonçait le
jeune étudiant et militant Gabriel
Nadeau-Dubois en qualifiant « une
certaine partie du mouvement indépendantiste d’exclusive et de xénophobe ».
Depuis, il est victime, dans les réseaux sociaux, d’attaques personnelles au
ton acrimonieux qui deviennent véhémentes, insultantes, irrespectueuses et
nombreuses. L’intolérance et la radicalisation s’affichent au grand jour envers
ceux qui osent critiquer la stratégie politique, le parti, le chef du PQ ou qui
ne sont pas en accord avec l’option politique.
Vincent Marissal, le chroniqueur du journal La
Presse a aussi détecté cette situation déplorable qui se développe depuis la
venue de PKP. Pour juger de son excellent texte allons voir Vigile pour savoir
ce qu’on en dit. On lui reproche de vouloir créer une impression négative du PQ
et de PKP. Pour faire cette démonstration, on juxtapose des expressions ou des
mots de son texte comme « militantisme
sectaire et fielleux », « radicalisation »,
« détestation », « ressentiment »,
« intolérance », « manque
de loyauté », « brailler »,
« fiel », « hargneux », « enragé », « etc… ». On ne
revoit pas chaque argument, ni le nie, ni le contredit mais on en retire un mot
pour faire le puzzle que Marissal a supposément dans sa tête et qu’il veut, à
ce qu’ils affirment, défavorable aux séparatistes. Et lorsque Marissal, en
conclusion, invite tous les Québécois à la « modération » et au « sens
des affaires », on qualifie ses propos de « tartufferie » et « d’une
invitation à se soumettre pour être mieux tondu ». Les séparatistes
nous voient encore comme des moutons !
Marissal n’est pas le seul à passer dans le tordeur
puisqu’il est accompagné des chroniqueuses Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski
et du chroniqueur Denis Lessard, tous des journalistes renommés et d’envergure.
En réalité, ces professionnels de la presse peuvent écrire ce qu’ils veulent et
ils n’accepteraient pas que ce soient autrement. Voilà pourquoi ils sont, tour
à tour, dénigrés, salis et ridiculisés par les péquistes qui cherchent à nous
faire croire que leur vrai problème est qu’ils sont au service de La Presse qui
appartient à une compagnie de la famille Desmarais du défunt Paul Desmarais qui
était fédéraliste. Donc, pour eux, il est impossible que ces journalistes
soient consciencieux et de vrais Québécois. Ils ne peuvent qu’être des vendus
aux Desmarais et, par conséquent, des ennemis. Et s’ils n’étaient pas à La
Presse, pensent-ils, ils seraient tous compétents et sûrement séparatistes !
PKP a décidé de frapper de front la famille
Desmarais. Pour lui, elle est le vrai leader du mouvement fédéraliste du Québec
et il se doit la peindre et de la dénigrer sans cesse pour qu’elle devienne dans
l’esprit des Québécois, l’ennemi No.1 du Québec. Ainsi, s’il réussit,
pense-t-il, tout article négatif contre lui ou son parti sera rejeté du revers
de la main par les Québécois qui sauront que ce ne sont pas les journalistes
qui écrivent leurs textes mais que c’est la famille qui leur dicte. C’est une
stratégie électorale honteuse, vicieuse et dangereuse car elle est à la base d’une
campagne de dénigrement de personnes honnêtes et intègres (propriétaires,
journalistes et autres) dont le but est de démontrer faussement qu’ils
n’agissent que par intérêt personnel et non pas au nom du meilleur intérêt de
l’ensemble des Québécois.
Ce genre de politique machiavélique ne peut porter
des fruits et ceux qui l’ont imaginée se trompent. Les Québécois ne sont pas
dupes et puniront ceux qui les trompent sciemment.
Le débat politique au Québec est fort important pour
les prochaines générations. Il se doit d’être sur des bases solides,
démocratiques et évoluer dans le respect de l’opinion des autres. On peut avoir
des idées différentes, on peut les proposer, s’opposer et débattre fermement
mais on se doit de respecter, en tout temps, l’intelligence de tous les
Québécois.
Claude Dupras