Une telle
logique fallacieuse est malhonnête. Elle peut paraître rigoureuse mais n’est
pas, en fait, valide. De plus, la répétition de tels sophismes les rend sources
de rumeurs, de propagande et même de lavage de cerveau. Ce qui empire la
situation.
Ainsi la
société Hydro-Québec qui appartient à l’État est dirigée par un conseil
d’administration. En 2004, l’importante Corporation Power, celle créée par le
défunt Paul Desmarais (un grand fédéraliste) et maintenant dirigée par ses
fils, « les Desmarais », a vu un de ses meilleurs vice-présidents, Michel Plessis-Bélair, nommé au conseil d’administration de l'HQ. Il y est
resté jusqu’au 11 novembre 2014. Pour les péquistes, Paul Desmarais était le principal ennemi de
leur parti. C’est pour ça qu’ils ont inventé la sornette, répétée à satiété, à
l’effet que Plessis-Bélair était en « conflit d’intérêt » puisqu’il influençait,
à leur dire, les décisions du conseil en faveur des intérêts futurs de Power.
Leur imagination
fertile les amena à dire que Power vise la privatisation de l’HQ afin de pouvoir
l’acheter et cela au détriment de l’intérêt public. En réalité, Plessis-Bélair,
administrateur chevronné avec une longue carrière professionnelle, a été du
genre d’administrateur soucieux, compétent et honnête qu’une société importante
comme Hydro-Québec doit avoir. Il n’a jamais été sérieusement question de la
privatiser. De toute façon, tous savent que les Québécois rejetteraient une
telle proposition avec fureur.
Je fus fort
surpris et désappointé lorsque Pierre-Karl Péladeau, le candidat favori dans la
présente campagne au leadership du Parti Québécois, a repris à son compte, pour
des fins politiques, ce type d’argument biaisé. Il affirma publiquement « La principale occupation de Michel Plessis-Bélair est d'être un très haut
dirigeant de Power Corporation... Il y a là un véritable et problématique
conflit d'intérêts ». En plus, il attaqua publiquement et directement la famille Desmarais en laissant
entendre qu’elle veut influencer la politique énergétique du Québec en faveur
de Power. Un coup bas et disgracieux. Je fus étonné que PKP se laisse ainsi influencer par les créateurs
d’amalgames, d’autant plus qu’il connait mieux la vérité que quiconque puisqu’il
a été président du conseil d’administration de l’HQ. Et, surprise! Le jour où
PKP a fait sa déclaration, le rôle de Plessis-Bélair comme administrateur de l’HQ
était déjà terminé et il avait quitté son siège. Un vrai « strike-out ».
Il en est de
même dans le domaine privé. Témoins des bonnes relations d’affaires et sociales
des Desmarais avec certains dirigeants du Mouvement Coopératif Desjardins, les
péquistes y voient la conclusion que Power espère que ce dernier devienne une banque
selon la loi canadienne afin de pouvoir, par la suite, mettre la main dessus. Si
ce n’est pas un procès d’intention sur la base d’association d’individus, c’est
quoi ?
Ces faux
syllogismes sont malhonnêtement fabriqués pour dénoncer les Desmarais afin de stimuler
la révolte des Québécois contre ses amis fédéralistes. Aucune preuve, aucun
fait réel, rien… seuls des amalgames.
Les séparatistes
ont une approche similaire dans le débat sur l’exploitation du gaz de schiste
et le transport par oléoducs du pétrole de l’ouest canadien. Ils se justifient
en citant comme exemple le projet américain Keystone XL sans expliquer que ce
projet a été temporairement arrêté par le président Obama pour des raisons particulières
et totalement différentes.
Depuis son
élection au poste de PM du Québec, Philippe Couillard est devenu la principale victime
de cette stratégie politique malhonnête. Les accusations sont devenues
tellement nombreuses et ridicules qu’il s’est révolté à l’Assemblée Nationale et
s’est écrié « ça suffit, la preuve
par amalgames ».
Encore
aujourd’hui, sur le site Vigile des séparatistes, on mijote et amplifie des
arguments pour détruire la réputation du PM. Cette fois, cela a rapport avec le
conseil d’administration de la compagnie Amorfix Life Sciences, présidé par
Philippe Couillard avant son retour en politique. Un des membres du conseil
d’administration était un dénommé Hans Peter Black. Ce dernier est actuellement
soupçonné de fraudes au Québec et au New Hampshire via une de ses compagnies
personnelles de placements, qui n’a aucun rapport avec Amorfix. À l’Assemblée nationale,
Couillard a nié fortement toute les insinuations vitement montées en épingle
par les péquistes contre lui dans ce dossier.
Nonobstant
ce démenti solennel devant tous les députés et la population du Québec, ils
accentuent leurs attaques. Ils en sont rendus à affirmer qu’Amorfix était sous
le contrôle de Black et que Couillard ne protégeait pas sciemment les intérêts
des actionnaires d’Amorfix.
En plus, dans
un autre dossier, ils associent Couillard au personnage bahamien Porter, ex
dirigeant de l’hôpital Victoria, pris dans un scandale de pot-de vins lors de la
construction d’un nouvel hôpital. La preuve de la culpabilité de Couillard :
lui et Porter siégeaient, jadis, ensemble sur des conseils d’administration du
gouvernement fédéral et de compagnies privées et ont participé à un même voyage
de pêche. Voici leur raisonnement, Porter est un voleur, un tricheur et un
espiègle, donc Couillard, qui s’est tenu avec lui, occasionnellement, est de la
même espèce. Sans rougir, ces petits politiciens le déclarent coupable par
association et exigent son départ, affirmant hautement qu’il n’est pas digne
d’être le PM du Québec.
Le vrai
problème des séparatistes québécois est que leur argumentation viciée et
vicieuse ne cesse de les plonger dans les limbes de la popularité. Le nombre de
membres inscrits au Parti Québécois (PQ) l’indique bien. Ils sont aujourd’hui
70 000 inscrits, soit la moitié d’il y a à peine 10 ans et cela malgré l’impact
journalistique et publicitaire de la campagne au leadership de leur parti en
cours. Pire, le sondage d’opinion publique d’hier indique une descente du parti
avec Péladeau comme chef. Le Parti Libéral reste en tête malgré l’intense mauvaise
publicité à son égard suite aux coupures draconiennes qu’il a entreprises dans les
budgets de tous les ministères pour atteindre l’équilibre fiscal.
Leur
discours de « nous sommes dominés par les anglais » ne colle plus et
en désespoir de cause, tout comme ils ont fait durant la dernière campagne
électorale, ils accentuent leur campagne de dénigrement contre le PM Couillard.
Ne trouvant pas d’arguments réels, ils en inventent à des fins polémiques sur
la base d’amalgames avec des individus à la réputation contestée, des textes
biaisés ou des situations inventées.
Ils en sont
rendus à vouloir faire du vrai avec du faux. Ils sont devenus les champions de
faux syllogismes.
Claude
Dupras